Trois choses à savoir sur Edouard Philippe, le potentiel futur Premier ministre

Trois choses à savoir sur Edouard Philippe, le potentiel futur Premier ministre

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Maire du Havre et proche d’Alain Juppé, Edouard Philippe se trouve parmi les pressentis pour Matignon. Il appartient à l’aile modérée des Républicains.

Rarement, sous la Ve République, un choix de premier Premier ministre aura été aussi attendu. Élu le 7 mai, Emmanuel Macron veut faire durer le suspense jusqu’à la passation de pouvoir. Sa décision sera éminemment politique, le prochain hôte de Matignon devant tout à la fois mener la bataille des législatives et incarner le logiciel progressiste et transpartisan que souhaite appliquer le nouveau chef de l’Etat.

Dans cette optique, le nom d’Édouard Philippe, maire Les Républicains du Havre et proche d’Alain Juppé, figure parmi les hypothèses. Peu connu du grand public, il coche trois cases essentielles du cahier des charges macronien: le renouvellement (il n’a que 46 ans), l’appartenance à la droite modérée et la connaissance du terrain politique.

Il a un temps soutenu Rocard

Diplômé de Sciences Po Paris en 1992 puis de l’ENA (promotion Marc Bloch, 1995-1997), Édouard Philippe a d’abord milité au sein du Parti socialiste, pour l’aile rocardienne et sociale-démocrate. Dans une interview accordée au Point au lendemain du décès de Michel Rocard, le maire du Havre rapporte les raisons de ce soutien. « J’avais grandi dans un milieu plutôt à gauche où l’on votait socialiste, et il y avait chez lui un côté social-démocrate assumé qui m’allait bien », déclarait-il.

Édouard Philippe y reconnaissait également les proximités idéologiques entre l’ancien Premier ministre de François Mitterrand et Alain Juppé, qu’il a suivi lors de la création de l’UMP en 2002. Son militantisme à gauche, en tant que tel, a été de courte durée. Toutefois, l’un de ses camarades de promotion à l’ENA le qualifie dans Challenges de « vrai centriste, drôle et sympathique, ami aussi bien avec des gens de gauche que de droite ». En témoignent les excellentes relations qu’il entretient avec Jérôme Guedj, député de l’aile gauche du PS et énarque d’une proche génération. Parfait pour le nouveau président qui se veut « et de droite et de gauche » ou « ni de droite ni de gauche », c’est selon.

Un fidèle juppéiste qui est passé par le privé

En 2001, le jeune énarque se rapproche donc d’Antoine Rufenacht, maire du Havre de 1995 à 2010 et directeur de campagne de Jacques Chirac en 2002. C’est alors, à l’occasion de la fusion des familles de la droite et du centre, qu’Édouard Philippe devient directeur général des services de l’UMP, sous l’égide d’Alain Juppé. Lorsque ce dernier est condamné en 2004 dans l’affaire des emplois fictifs du RPR et démissionne de la présidence du parti majoritaire, le lieutenant, spécialisé dans le droit des marchés publics, rejoint le cabinet d’avocats anglo-saxon Debevoise & Plimpton LLP.

Après l’élection de Nicolas Sarkozy en 2007, il reprend brièvement du service politique en étant embauché au cabinet d’Alain Juppé, éphémère ministre de l’Écologie. Dans la foulée, Édouard Philippe est nommé directeur des Affaires publiques d’Areva. Il quitte ce poste lorsqu’il est élu maire du Havre en 2010, après la démission d’Antoine Rufenacht. Réélu en 2014, il obtient entre-temps le siège de député de la 7e circonscription de la Seine-Maritime en 2012. Un mandat qu’il ne tentera pas de renouveler en juin, conservant uniquement son exécutif local du Havre.

Après la primaire à droite, remportée de manière inattendue par François Fillon, Édouard Philippe s’est fait de plus en plus discret. Mais jusqu’au mois de mars, il n’abandonne pas le navire. « La loyauté est une des qualités premières d’un juppéiste », affirmait-il à L’Express début février. Mais après la convocation du candidat Les Républicains par les juges dans le cadre de l’affaire Penelope, c’en est trop. Il parraine François Fillon, mais se retire officiellement de sa campagne.

Il boit de la Corona et fait de la boxe

« Bosseur » selon son premier adjoint à la mairie, Luc Lemonnier, Édouard Philippe passe beaucoup de temps à la salle de boxe, selon le site de BFMTV. Il a ses petites habitudes: « Il boit de la bière. Il aime bien la Corona, comme un certain grand homme d’Etat par le passé », raconte Sébastien Tasserie, son adjoint aux sports, en référence à la boisson préféré de Jacques Chirac.

Mais l’édile du Havre ne demeure pas moins un ambitieux. « C’est un homme froid et distant, une énigme pour moi », raconte à Challenges Lionel Tardy, député filloniste de Haute-Savoie. « Je l’ai peu vu à l’Assemblée hormis à la buvette avec Benoist Apparu. Je connais plus certains députés socialistes qu’Édouard Philippe », ajoute-t-il.

Un bémol balayé par son coéquipier de la primaire, Gilles Boyer, qui ce mercredi matin sur RTL s’est fait le chantre de « l’expérience » de l’éventuel futur Premier ministre. D’après l’ex-directeur de campagne d’Alain Juppé, la nomination d’Édouard Philippe à Matignon prolongerait « l’audace » érigée en leitmotiv par Emmanuel Macron.

Avec l’express.fr

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