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«Sénégal : Apaiser le climat politique, sans renoncer à l’essentiel» par Amadou Bal BA

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Macky Sall Abdoulaye Wade
Macky Sall Abdoulaye Wade

Le président Macky SALL a retrouvé le président Abdoulaye WADE au palais présidentiel, à Dakar. Au centre des échanges, Maître Abdoulaye WADE demande toujours la levée de la contrainte par corps de son fils, Karim, c’est à dire qu’il puisse revenir au Sénégal, sans rembourser les 30 millions d’euros qu’il a détournés. Mais les Sénégalais sont fondamentalement hostiles au projet monarchique de Maître Abdoulaye WADE. Pourquoi une impunité de la classe politique quand elle détourne nos derniers publics ? Personne n’est au-dessus des Lois.

Je partage le point de vue du président Macky SALL qui a une vision stratégique de la politique. Il faudrait, certes apaiser le climat politique, mais sans renoncer à l’essentiel. Ce qui a fait, jusqu’ici, la grande force du président Macky SALL, c’est que c’est un adepte du philosophe latin, Sénèque. Il n’a jamais été perturbé les cris de haine de ses adversaires. Il a tenu son rang, celui de chef d’Etat, et nous a étonné lors de son premier mandat par son bilan de pharaon des temps modernes. Cependant, j’ai parfois l’impression que, depuis le 24 février 2019, on a perdu une précieuse année. Le «Fast Tract» annoncé a été remplacé par une sorte d’immobilisme. Le poste de premier ministre a été supprimé, mais on fait surplace. Si on n’avance pas, on recule. Or, chaque minute de ce dernier mandat du président Macky SALL est particulièrement précieuse pour notre avenir ?

L’opposition a été astucieuse, en développant une campagne électorale permanente. Les Mourides qui avaient éjecté Mamadou DIA, ont confisqué le pouvoir politique pour leurs intérêts personnels, de 1962 à 2012. L’arrivée de Macky SALL, un Peul, dans la perspective des revenus pétroliers, a été considérée, par cette classe maraboutique, comme un obstacle majeur pour continuer à se servir dans les caisses de l’Etat. Subitement, dans leur grand génie de communication, les Mourides ont voulu s’attribuer la paternité de la libération de Khalifa SALL, une mesure en fait actée depuis plusieurs mois, mais le point d’achoppement était seulement la production d’une demande formelle de grâce de Khalifa SALL. Les marabouts Mourides, dans leur génie politique, ont fait construire, en plus de Touba, cette grande mosquée dans le centre de la capitale, à Dakar. Cette mosquée symbole de la puissance politique des Mourides, est, en fait, un cheval de Troie ;  c’est une machine de guerre politiquer pour relancer la puissance, et au service de la grande cupidité de ces marabouts affairistes, au détriment de nos finances publiques. Dakar sera paralysé le 17 octobre 2019, avec le Magal, célébrant l’exil de Cheikh Ahmadou Bamba. Ce immense Saint homme, qu’est Bamba, est resté intègre toute sa vie. Je voue une admiration profonde pour Cheikh Ahmadou Bamba BA qui aurait désavoué cette dérive politicienne et affairiste de son mouvement religieux.

Le président Macky SALL, Maître des horloges, devrait retrouver son sens de l’Histoire et s’attaquer aux défis majeurs de notre temps. Il ne faudrait sortir de cette léthargie et aller vers l’action, comme il l’a admirablement fait, lors de son premier mandat présidentiel.

Dans les grandes priorités, il me semble urgent d’assainir les finances publiques afin de retrouver des marges de manœuvre pour continuer de bâtir un Sénégal Émergent. Les marabouts, devenus parasites, prennent beaucoup aux finances publiques. Mais il n’y a pas qu’eux. Lever la contrainte par corps, contre Karim, serait un mauvais signal ; cela signifierait que toute la classe politique, gouvernants, comme opposition, peut, au lieu de servir, se servir. Le train de vie de l’Etat est aussi à examiner. Ces colloques, dîners débats, ces cumuls d’emplois prohibitifs, notamment des enseignants et des médecins, tout ce qui n’est pas nécessaire ou abusif, devrait être supprimé ou interdit.

Je pense aussi que la dette intérieure de l’État devrait être réglée.

Globalement c’est un État où on a du mal à appliquer la règle de droit, c’est le «Neyssam» ou la compassion, sans discernement, qui prime. Il faudrait pourtant remettre les choses à l’endroit, si l’on veut avancer dans le bon sens. Ainsi, dans ces inondations, la population, aussi démunie soit-elle, n’a pas à construire des habitations dans une zone inondable. Cependant, l’État arbitre et stratège, devant ces drames récurrents, devrait se doter d’un plan d’urbanisme, prévoir des terrains viabilisés pour ces les classes moyennes, et viabiliser les terrains à construire.

La Commission de concertation, ayant obtenu ses locaux, devrait travailler, sans délai, sur les règles du jeu politique. Le président Macky SALL, ayant décrispé le climat politique, cela va grandement faciliter ses missions de concertation et de dialogue national.

Bref, le président Macky SALL ne devrait pas se laisser distraire, ni par les journalistes insulteurs, mais qui se vautrent dans le chantage, ni par une opposition bavarde et pleurnicharde. L’heure est de s’attaquer, à nouveau, aux problèmes fondamentaux du Sénégal. Le temps presse, plus une minute à perdre, tellement les défis sont immense et exaltant, il faut que le président Macky SALL se retrouve à la fin de ce mandat, avec un brillant, et meilleur bilan que le précédent, pour entrer, définitivement dans l’Histoire ! Ma confiance au président Macky SALL est grande.

Paris, le 13 octobre 2019,

Par Amadou Bal BA – http://baamadou.over-blog.fr/

 

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