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Rapport : la recrudescence des attaques contre les journalistes et l’autoritarisme des leaders indexés du doigt …

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Article 19
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Ferloo.com- L’Organisation non gouvernementale (ONG) Article 19 publie son rapport sur l’état de la liberté d’expression à travers le monde. Le Nouveau rapport de ARTICLE 19 révèle que la recrudescence des attaques contre les journalistes et l’autoritarisme des leaders qui contribuent au déclin rapide de la liberté d’expression

Le rapport 2017/2018 retrace les tendances mondiales dans les principaux domaines de la liberté d’expression et d’information. Ce rapport détaillé offre un aperçu de la situation mondiale autour de cinq piliers stratégiques pour ARTICLE 19: Espace civique, Numérique, Médias, Protection et Transparence. En outre, le rapport annuel comprend des données empiriques qui confirment les tendances décrites. Des avancées positives sont notées dans certains pays et régions tandis que dans d’autres pays on note une régression inquiétante en matière de liberté d’expression.

 

En Afrique de l’Ouest et du centre en 2017, ARTICLE 19 a observé des attaques contre des opposants politiques, la répression des manifestations pacifiques et la réduction de l’espace civique. L’année a été marquée par trois tendances centrales: les agents de sécurité d’État étaient systématiquement les principaux auteurs des violations de la liberté de droits d’expression et de réunion; force et brutalité ont été utilisés pour disperser les manifestants sans mesures correctives. L’utilisation croissante des lois antiterroristes pour limiter la liberté d’expression et imposer des peines sévères à ceux qui l’exercent  a également une tendance régionale.

–       Les lois sur la diffamation pénale persistent 

Au Sénégal: Malgré les engagements pris par le Gouvernement depuis plus d’une décennie de  décriminaliser la diffamation, le pays a adopté un code de la presse draconien qui renforce les lourdes peines pour les délits de presse.

Au Libéria : Le Libéria a par ailleurs présenté un projet de loi dans l’année appelant à l’abrogation des peines privatives de liberté pour diffamation.

–       Anti-terroriste, anti-expression ?

 

Les mesures liées à la lutte contre le terrorisme et à la protection de la sécurité de l’État, souvent vagues ont été utilisées pour cibler les communicateurs dans la quasi-totalité de la région, en particulier les défenseurs des droits de l’homme au Burundi, au Cameroun, au Niger, au Sénégal, au Tchad 

–       Les manifestations sont violemment réprimées par  les forces de sécurité 

Le recours à la force reste un problème sur tout le continent, les autorités s’adonnent à des actes de répression pour utiliser la violence comme prétexte afin de réprimer les manifestations, cas du Burkina Faso, Cameroun et Nigéria.

Au Togo (2017-2018) : Les forces de l’ordre ont fait un usage excessif de la force en entraînant la mort de dix personnes au moins et  de plusieurs blessés.

–       La liberté des médias 

La Gambie : La Gambie a connu une très grande avancée  avec 67% en matière de la liberté de la presse en 2017.

Après plus de deux décennies de dictature sous le règne de Yaya Jammeh, Adama Barrow fût déclaré vainqueur de l’élection de 2016.  L’Etat de droit n’est pas totalement consolidé en Gambie, mais on note un énorme progrès dans la  liberté d’expression, une amélioration substantielle, en particulier la liberté des médias.

 Le règne de son ancien président Yaya Jammeh, la couverture des sujets sensibles entraînaient des arrestations arbitraires ou des enlèvements, plusieurs journalistes se sont exilés.

Les médias précédemment fermées ont rouvert leurs portes, y compris The Daily News, qui avait été fermé depuis 2012.  

–       Le droit de manifester reste insaisissable  

Le gouvernement n’a pas réussi à modifier les lois qui exigent  une autorisation pour les rassemblements publics:

Le 12 novembre 2017, une manifestation pacifique contre l’électricité et l’eau pénuries, que le gouvernement avait initialement autorisée mais ensuite interdite, a été dispersé par la police anti-émeute.

Le 23 novembre, la Cour Suprême a jugé que L’article 5 de la loi sur l’ordre public de 1961, exigeant l’autorisation de la police pour une réunion pacifique, n’a pas violé la Constitution.

Une personne est morte et au moins six ont été blessés, les soldats ayant tiré à balles réelles pour disperser les manifestants près de l’ancienne résidence de Jammeh à Kanilai le 1er juin. Le gouvernement a promis d’ouvrir  une enquête complète, mais aucun rapport n’est rendu public sur cette affaire.

–       Coupure d’internet et restrictions en ligne  

Au Togo :

La technologie offre d’énormes nouvelles possibilités de communication, expression et collaboration, mais les Gouvernements en Afrique et du monde entier recourent de plus en plus à la perturbation ou à la coupure de l’internet pour entraver la circulation de l’information.  

En Septembre et en août 2017, le Gouvernement Togolais a procédé à une coupure du réseau internet pour enrayer les manifestations.

– Le 05 septembre 2017, à la veille d’une manifestation de l’opposition, internet a été interrompu et rétabli 05 jours après. Et, le lendemain de la manifestation du 19 août 2017, internet a subi une fois de plus des restrictions sur Facebook et Whatsapp.  

Au  Cameroun   

En janvier 2017, le Cameroun a procédé à une coupure d’internet dans la partie anglophone : le Nord-Ouest et le Sud-Ouest pendant 94 jours, et une  autre coupure en octobre pendant 150 jours.  Cette restriction de l’accès à internet a paralysé l’accès à l’information et la liberté d’expression.    

La liberté d’expression en ligne était de plus en plus pénalisée, criminalisée à travers la région. En 2017, 36 cas ont été enregistrés, détention, peines de prison ou amendes. Le Nigeria avait enregistré le plus grand nombre avec 13 cas.  

Au Congo : En août 2017, les autorités de la République Démocratique du le Congo a ordonné aux fournisseurs de services Internet de réduire la vitesse des connexions, afin de ralentir la transmission d’images sur des plateformes de médias sociaux.

–       Les lois et les règlements draconiens qui restreignent la liberté d’expression et information 

Au Burundi : le Burundi a connu la plus forte baisse de l’état de la liberté d’expression dans la région au cours des dernières trois ans, avec une chute de 54% entre 2014 et 2017. Le pays a également vu le déclin mondial le plus marqué dans le domaine des médias libertés au cours de la même période.

Le harcèlement s’est poursuivi tout au long de l’année 2017: diffamation pénale, la possession des «documents incriminants”, portant atteinte à la sécurité de l’Etat ne sont que quelques-unes des accusations portées contre les journalistes et les défenseurs des droits de l’homme, en représailles pour leur travail. Un nombre croissant de journalistes ont cherché asile dans les pays voisins, craignant pour leur sécurité.

 

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