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Publication : Et de trois pour l’écrivain Dieynaba Sarr qui vous apporte la certitude de ses « Convictions » !

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Dieynaba Sarr
Dieynaba Sarr

Dieynaba Sarr est une jeune juriste sénégalaise qui a fait tout son cursus scolaire à l’Institution Notre Dame de Dakar Plateau. Cette double lauréate du Concours général sénégalais (2006 et 2007), titulaire d’une licence de droit public de l’Institut supérieur de droit de Dakar (ISDD) antenne de l’université de Perpignan (France) et d’un master 2 de l’Université du Sahel, travaille à la Direction des Affaires juridiques et de la Coopération (DAJC) de l’Agence nationale des Affaires maritimes (ANAM). Elle est aussi l’auteure de l’essai intitulé « La Politique africaine de la France : entre Rupture et Continuité », paru en septembre 2017 chez L’Harmattan Sénégal et co-auteure de l’ouvrage collectif “Sen Njaxas” Cocktail citoyen Contribution du G8 pour un Sénégal différent (Harmattan Sénégal, juillet 2018). En décembre 2019 sur les presse de L’Harmattan Sénégal, Dieynaba SARR nous est revenue avec Convictions qui est son troisième*ouvrage, rédigé avec beaucoup de convictions. Ferloo vous invite à parcourir avec délectation ce chef d’œuvre qui l’a absolument convaincu, et vous fait découvrir quelques bonnes feuilles de cet ouvrage.

COUVERTURE OUVRAGE CONVICTIONS

Il s’agit d’un récit de 208 pages, fortement autobiographique, composé de sept (07) textes à travers lesquels l’auteure partage ses ressentis, craintes, doutes, joies, peines et espoirs, en somme ses convictions. Dieynaba lève ainsi un coin de voile sur sa vie tout en se penchant sur des faits de société communs à tous et, surtout, qui doivent nous préoccuper tous, à l’instar de la montée en puissance de la violence, de la déshumanisation des relations, des tensions entre générations, des dérives sur les réseaux sociaux, etc.

La Préface est l’œuvre de son parrain, le Magistrat Aliou NIANE, Conseiller référendaire à la Cour des Comptes et ancien Président de l’Union des Magistrats du Sénégal (UMS) qui permet au lecteur, dès les premières pages de l’ouvrage, d’avoir un bel aperçu sur les divers aspects qui y sont traités. La belle plume du Magistrat est la précieuse clé de la porte d’entrée dans ces Convictions. Ses mots rendent bien compte de la profondeur et de la grande dimension sociale de l’œuvre de Dieynaba. En effet, selon lui, « à travers ce travail, elle jette un regard furtif sur notre société. Une société, certes, presque en lambeaux mais également une société dynamique par sa jeunesse qui, par un souffle salvateur, essaie de lui donner toutes les ressources de sa survie et de son décollage. Dieynaba offre un miroir à notre société lui permettant ainsi de mesurer l’étendue de ses défauts mais lui indiquant également la voie royale de son ajustement structurel qui est tout le contraire des plans des bailleurs des années 80. Ici, il s’agit d’un remède qui permet d’éviter à notre société toutes vue et tendance narcissiques ».

Dieynaba, en plus de ces sept pertinents textes magnifiquement et subtilement liés entre eux, nous gratifie d’un bonus de deux (02) textes intitulés respectivement : Les Musulmans sont au plus mal, et,  A temps. Le premier traite des ressentis des musulmans face à la montée en puissance du terrorisme et de leur souffrance née de la méprise faite par les autres sur leur religion. Quant au second, il exhorte à combattre l’orgueil pour sauver nos relations humaines.

BONNES FEUILLES

(MORCEAUX CHOISIS)

 

Hommage non souhaité

 

P.13 (extrait de la Préface)

 

Hommage non souhaité à Sidy Lamine NIASSE. Dieynaba y dévoile son amour, son affection pour cet homme. Le fait-elle au nom et pour le compte de sa sœur, partie à la fleur de l’âge, chantonnant un hymne inachevé. Que Non. Sa plume, est, à coup sûr, le maillon de liaison de ces deux êtres, j’allais dire de ces trois personnes qui ressemblent, à plusieurs égards, à trois personnages d’un feuilleton qui ne vient que de commencer. Dieynaba joue à perfection son rôle de conteur des deux autres. A y voir de près, on se rend compte que Dieynaba trahie par les tremblements de sa main alerte fixant des lignes nées de trébuchements d’une plume, portant excellente skieuse sur une plateforme glaciale. Trahie également par cette proximité avec sa défunte sœur qui fait que pour toutes les deux, Sidy Lamine constitue, incontestablement, une référence, un repère. Son repaire de Wal Fadjri constituant pour tous les trois un espace à la fois culturel et cultuel un lieu de jonction entre « le monde sensible » et « le monde intelligible ». SLN est une icône. Cette icône est leur idole toujours en quête d’une société plus juste et égalitaire. Le mortal kombat qui l’oppose au «monstre», cette trouvaille synthétique de l’injustice, l’iniquité et l’illégalité, finit, à sa mort, par l’immortaliser et le hisser, à jamais, dans le panthéon des héros et symboles de notre Nation.

 

Nous, Acculturés ?

P.42

 

Ce dont je suis convaincue c’est que l’enracinement sous ses diverses formes ne peut être que bénéfique pour nous et surtout pour les plus jeunes et les générations futures en ce qu’il les enrichira. Il nous donnera un baluchon utilement rempli pour notre périple et notre quête du monde, de telle sorte que nous ne subirons pas les assauts de quelque sorte que ce soit qui n’auraient pour seul but que de phagocyter ce qui doit constituer notre socle premier, à savoir notre identité. Soyons authentiques et choisissons avec discernement ce qu’il y a de meilleur chez l’autre et adoptons-le. Par ailleurs, il me plaît de rappeler ce dicton populaire asiatique à retenir : « Si tu abandonnes ta spiritualité pour pratiquer celle de ton agresseur, tu deviens son esclave à jamais ».

FOI

P.57

Le Coran nous enseigne aussi que « lorsque le malheur touche l’homme, il est plein d’impatience ; et lorsque le bonheur l’atteint, il devient insolent». En fonction de l’évènement que nous vivons ou du sentiment qui nous anime à un moment bien déterminé, le temps varie, il peut ainsi avoir plusieurs traits. Cela appelle à mes souvenirs un texte sur la définition du temps, sur lequel il me plaît de revenir :

« Le temps est lent quand tu attends.

Le temps est rapide quand tu es en retard.

Le temps est mortel quand tu es triste.

Le temps est court quand tu es heureux.

Le temps est interminable quand tu souffres.

Le temps est long quand tu t’ennuies.

Le temps est beau quand tu es amoureux.

Le temps est toujours déterminé par tes sentiments et tes conditions psychologiques, pas par ta montre. »

Des écrits de nos illustres érudits sénégalais ainsi que des écritures saintes du Noble Coran et des hadiths prophétiques, il transparaît que le musulman doit se munir de la patience car, il n’est pas maître de son destin, tout ce qu’il doit avoir, il l’aura avant son dernier souffle et tout évènement qu’il doit vivre aussi, surviendra avant qu’il ne s’éteigne. Le fidèle doit également, avec une forte dose d’humilité, demander constamment pardon à son Créateur pour tous les péchés commis et dus à son imperfection innée, il doit aussi savoir pardonner.

 

 

Vous et Nous (Je dirais plutôt tensions générationnelles)

 

PP.79-80

 

Je le disais tantôt, les parents doivent prêter une oreille à leurs enfants. Cette écoute leur permettra de mieux cerner la personnalité de chacun d’eux et surtout elle aura comme grand avantage d’instaurer une relation de confiance entre leur progéniture et eux. En effet, les parents doivent faire en sorte que leurs enfants n’aient pas peur d’eux. Ils y arriveront en s’intéressant à ce que font ces derniers, en leur posant des questions sur leurs activités, leurs peurs, leurs objectifs, leurs rêves, etc. A partir de cet instant, le premier pas est franchi et l’enfant quel que soit son âge se lâchera car il se sentira valorisé, considéré, et en conséquence un lien fort le liera à ses parents en qui ils trouvent ainsi des amis et confidents. L’esprit d’ouverture doit prévaloir chez les adultes, en tant que parents cela est un devoir pour bien réussir l’éducation de leurs enfants. Cette option renvoie à cette assertion de Maria MONTESSORI :

« L’enfant n’est pas un vase que l’on remplit mais une source que l’on laisse jaillir ». Laisser donc les enfants éclore comme des fleurs, s’épanouir, c’est ce que doivent faire tous les parents, et mieux encore, il faut que cet épanouissement commence dans le cocon familial avant de se répandre à l’extérieur. Je dis ceci, car il arrive que des enfants de bas âge mais surtout des adolescents préfèrent se confier à des étrangers ou d’autres membres de leur entourage plutôt qu’à leurs parents. Ce n’est pas souhaitable car ça révèle un profond vide dans la vie de l’enfant. L’idéal est que ses deux parents soient les premiers êtres à qui il pensera faire des confidences dans n’importe quelle situation.

 

 

 

AMOURS

P.106

Dans ma petite vie, mes relations amoureuses mais aussi les prétendants que j’ai connus m’ont beaucoup appris, c’est ainsi que j’ai pu rencontrer l’homme menteur, l’homme jaloux, l’homme imbu de sa personne, l’homme indécis, l’homme infidèle, l’homme attentionné, etc., l’expérience étant la somme des erreurs commises dont on tire des leçons, j’ai vraiment mûri grâce à toutes ces péripéties de ma vie. J’ai acquis une grande maturité grâce aux moments difficiles que j’ai traversés et dont j’ai su me relever, j’ai surtout appris à partir à temps pour ne pas courir à ma perte. Et je suis convaincue d’avoir fait de bons choix durant ces moments-là, et cette assertion du jeune boxeur et ingénieur congolais, Zack MWEKASSA, me conforte dans ma position. Selon lui, « la maturité c’est aussi savoir s’éloigner des gens et des situations qui mettent en danger vos valeurs, votre estime personnelle et votre paix intérieure. Vous n’en avez pas besoin.»

 

P.122

(…) j’ai fait le choix de ne pas laisser à la haine la plus petite portion dans mon cœur. Je tâche également de toujours me souvenir de ces propos de Djalal-od-Dîn Rûmî dans Rubâi’yat : « Ne reste que parmi les amoureux, des autres éloigne-toi. Bien que ta flamme embrase le monde, Le feu meurt par la compagnie des cendres ». Ainsi, j’aimais, j’aime et je continuerai in shaa Allah à aimer. Quant à mes amours disparus, je resterai à jamais fidèle à leur mémoire, priant constamment pour qu’Allah fasse de Firdawsi leur demeure éternelle. S’agissant des hommes qui se sont succédé dans ma vie sentimentale, je leur serais éternellement reconnaissante car, grâce à eux, j’ai pu engranger un gros capital-expérience fort utile dans ma vie de tous les jours mais surtout pour l’avenir de ma vie sentimentale.

 

Que nous arrive-t-il ?

PP.134 à 136

Pourquoi tant de cruauté ? Ah ! Cette question je ne peux pas ne pas m’y pencher. Mon cœur souffre, des larmes profondément enfouies l’inondent et donc à défaut de pouvoir les sécher prestement comme je le souhaite, j’ai besoin de crier mon ras-le-bol, mon indescriptible douleur. Chaque jour, la presse nous informe de terribles faits divers, tout y passe : bataille rangée, rapt d’enfants, viol, inceste, meurtres, assassinats, etc. L’être humain est tellement complexe que l’on ne saurait comprendre pourquoi il a tendance à banaliser la récurrence. En effet, c’est le sentiment que j’ai personnellement, je crois qu’à force de lire ou de voir ces nombreux cas, nous les prenons comme des faits normaux dans notre vie quotidienne. Or, une telle attitude laxiste ne saurait perdurer car la survie de la société, notre survie, en dépend. Notre société est malade et cette réalité est à prendre très au sérieux. Qu’est-ce qui pousse un adulte à regarder une petite fille de deux ans, je dirais plutôt un bébé et de ne penser qu’à la violer ? Comment un père peut-il violer sa propre fille ? Qu’est ce qui se passe dans la tête d’un homme qui assassine son propre père, avec une ignoble préméditation ? Comment une femme, une mère peut-elle maltraiter jusqu’à tuer l’enfant d’une autre ? Pourquoi une femme ébouillante-telle sa coépouse, l’asperge-t-elle d’acide ou la poignarde-t-elle? Et on pourrait continuer à se poser moult autres questions du genre. Mais arrêtons là le listage et tentons de répondre à ces interrogations. Les mobiles souvent retenus sont la jalousie et l’argent pour certains cas de meurtres ou d’assassinats, ou encore pour les cas d’agressions n’ayant pas entraîné la mort. Toutefois, en ce qui concerne les cas de viol ou d’inceste, les bourreaux se cachent généralement derrière de faux motifs, des prétextes : une supposée ressemblance entre la fille et sa défunte mère par exemple pour les cas d’inceste, une provocation faite par la victime vis-à-vis de son bourreau, la folie etc. Même nous qui sommes informés de ces cas par le biais des médias, tentons de vite taxer de malades certains violeurs ou criminels. Toutefois, je vais là évoquer un vague souvenir qui m’a trop marquée. Une fois, en suivant une émission qui portait sur le viol, j’ai apprécié les propos d’une des invitées qui déclara qu’elle refusait de considérer ces violeurs d’enfants, de bébés dirais-je, comme des malades. Pour elle, le violeur n’a pas orienté son sexe vers les yeux, la bouche ou tout autre organe de sa victime mais bien vers son sexe. Cela prouve qu’il savait bien ce qu’il voulait et ce qu’il faisait. Je partage cet avis, pour moi notre défaut premier est le laxisme, nous avons tendance à tout banaliser, rien ne nous alarme à temps. Nous sommes plutôt réactionnaires. Il faut qu’un malheur arrive pour que nous nous en offusquions et cherchions des solutions selon les cas ou à changer de comportement. Mais s’il n’y a pas d’évènement malheureux, pour nous, tout va à merveille comme dans le meilleur des mondes.

Une petite digression s’impose naturellement car elle est fort illustrative, il s’agit d’une réflexion relative au naufrage du bateau « Le Joola » survenu dans la nuit du 26 septembre 2002 au large de la Gambie. Cette catastrophe qui avait causé officiellement 1863 pertes en vies humaines plus que le Titanic (1500 morts) aurait pu être un tournant dans notre vie commune. En effet, ayant été causé par une surcharge au triple de la capacité réglementaire du navire, ce drame devait nous permettre de faire notre autocritique et surtout de bannir tout mauvais comportement. Les mois qui ont suivi ce drame ont été marqués par une remarquable discipline des Sénégalais, les charges réglementaires étaient respectées dans le transport en commun, des slogans du genre « plus jamais ça » étaient scandés un peu partout.

Mais chassez le naturel, il revient au galop. En effet, ce qui se passait durant cette période post-naufrage n’était pas sénégalais. Ce n’est pas de gaieté de cœur que je le dis mais c’est la triste réalité, la discipline nous ne l’aimons pas, respecter les normes est un supplice dont on se passerait bien apparemment. Ainsi, après ce que je me permets de nommer le « supplice disciplinaire », nous avons reversé dans notre atmosphère naturelle : le chaos, l’anarchie. Oui, c’était reparti pour les cars rapides surchargés, les conduites indisciplinées, bref tout le contraire de ce que ce naufrage aurait dû nous inculquer à jamais.

 

PP.140-141

La société sénégalaise tout comme toute autre société se doit de faire son ndëp national pour exorciser tous ces maux qui la gangrènent afin de retrouver sa nature d’antan, de renouer avec ses valeurs et principes qui ont longtemps fait sa beauté et sa bonne réputation. Je reconnais que cette entreprise sera ardue car les habitudes ont la vie dure mais ce qu’elle nous rapportera ou plutôt ce qu’elle nous permettra de retrouver vaut tous les sacrifices et n’est en rien comparable aux méfaits que nos mauvais comportements nous infligent. C’est le lieu d’invoquer cette belle citation de Georges Bernard SHAW :

« L’humanité serait depuis longtemps heureuse, si toute l’énergie que les hommes mettent à réparer leurs bêtises, ils l’employaient à ne pas les commettre. »

Bien que nos tares semblent ataviques, je suis convaincue que nous pourrions les vaincre à jamais mais cela requiert l’adoption de bons comportements, le retour aux valeurs qui ont, naguère, fait le charme de notre société.

Soyons des non-violents, au lieu de faire entendre des armes et d’exprimer une quelconque brutalité, confrontons nos idées, sortons nos cultures, partageons nos expériences, bref soyons et demeurons civilisés en mettant le focus sur de bonnes actions et de belles initiatives. Illustrons-nous partout où nous allons par nos bonnes idées et par un comportement irréprochable. Aussi, par rapport à certaines dérives sus indiquées, beaucoup de travail devra également être fait par les médias du point de vue contenu programmatique pour être des éducateurs et ainsi venir en appoint aux parents et aux formateurs afin de bien éduquer les enfants.

 

CONVICTIONS

 

P.144

 

S’ouvrir aux autres n’est jamais aisé, mais il faut le vouloir et surtout ne pas craindre les appréciations du lecteur car, en réalité, le but est justement de ne pas le laisser tranquille. La lecture ne devrait pas être un furtif survol de lignes et de pages, mais il faut plutôt faire passer le lecteur par les différents sentiments qui vous ont animés en tant qu’auteur, en couchant noir sur blanc ces mots et phrases pour en faire un livre. En le refermant, il doit avoir reçu du neuf, du chaud, du doux, bref… que son appréciation soit positive ou négative, ce qui est important est qu’il ait la sienne sur l’ouvrage.

 

P.165

 

Je suis convaincue que chaque femme doit se battre, essayer de gagner sa place au soleil, réussir dignement plutôt que de croire que c’est grâce aux hommes qu’elle réussira sa vie. C’est seulement à ce prix qu’elle pourra regarder droit dans les yeux n’importe quel homme, elle avancera fière de ses capacités et déterminée à maintenir le cap et évoluer. Tout apport matériel d’un homme, de son époux notamment, la trouvera sur de bonnes assises et cette posture n’inspirera que respect et considération de la part de ce dernier.

 

PP.174-175

 

Le dicton wolof dit Sey xare la, sa yo ca jure doom jam nañ la (‘’le mariage est une bataille, à chaque fois que tu y donnes naissance à un enfant, on t’a atteinte’’’). Il vise ainsi à exhorter les femmes à se dire que le mariage n’est pas chose aisée mais il faut endurer et s’armer de patience pour plus tard avoir une progéniture bénie avec une belle réussite dans la vie. Je suis d’accord que l’épouse doit bien gérer son foyer, ne pas se rebeller à tout-va mais, ce que je récuse c’est que l’on veuille lui faire endurer des épreuves par pure méchanceté, la poussant jusque dans ses derniers retranchements. Aucune femme ne doit l’accepter. Je suis toujours écœurée et profondément peinée quand j’ai écho d’un cas de maltraitance à l’égard d’une femme perpétré par son époux ou un autre membre de sa belle-famille. Pour moi, lorsqu’un couple arrive au stade d’insultes et de bagarres, le respect est alors mort et enterré, et il n’y a plus de mariage.

Accepter de subir toute forme de violence je ne le conseille à aucune femme. J’aime beaucoup cette citation de Mariama BÂ que j’évoque souvent dans mes discussions sur les femmes, « il n’y a aucune gloire à supporter l’humiliation ». Parfois, il y a toute une machination ourdie contre l’épouse. La belle-mère, souvent influencée par les belles sœurs aigries pour la plupart, éternelles célibataires, envieuses et jalouses de l’attention que leur frère accorde à son épouse ainsi que des présents qu’il lui offre, passent leur temps à dépeindre cette dernière de la pire manière qui soit aux yeux de leur mère. Souvent crédule, la belle-mère prend alors le relais auprès de son fils pour attaquer sa bru, et les rapports mère-fils étant très forts, le fils est alors en posture délicate et bonjour la tourmente dans le couple. Je ne saurais également nier le fait que certaines épouses aussi sont problématiques, certaines mesquines et foncièrement mauvaises. Mais, ce dont je suis convaincue c’est que pour que les ménages réussissent, chacun doit y mettre du sien, la bonne volonté, l’affection, le respect, la considération entre autres sont des ingrédients incontournables pour la réussite de cette recette.

 

 

 

En somme, l’importance de cet ouvrage à lire et à faire lire absolument transparaît bien dans ces mots de Monsieur Niane : « le message de Dieynaba est adressé à toutes et à tous. Il nous appartient de le décrypter, dans ses moindres détails, coins et recoins. En se parlant, Dieynaba nous parle. Cela ne doit point être un vain discours. C’est une invite à l’action. Action en vue de hisser la société, notre société, à un niveau qualitativement supérieur. Nous devons nous ceindre les reins en vue de transformer la société, notre société. Ceci est dans nos cordes. Il ne s’agira ni d’aller à la recherche d’une quelconque pierre philosophale ni de tenter de résoudre l’équation de la quadrature du cercle. Au contraire, il s’agira, de façon intelligente, ordonnée et coordonnée de relever les véritables défis et de leur apporter les solutions idoines, c’est-à-dire les solutions de l’heure, avec les moyens du bord. » (PP.18-19) 

*Dieynaba a publié, en septembre 2017 un essai La politique africaine de la France : entre Rupture et Continuité (264 pages) et est co-auteure de l’ouvrage collectif Sen Njaxas (Cocktail citoyen) Contribution du G8 pour un Sénégal différent (112 pages), paru en juillet 2018.

 

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