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Le Sénégal met le cap vers un régime présidentiel

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conseil des ministres du mercredi 7 mars 2018 995595
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Sitôt investi, le président Macky Sall a demandé à Mahammed Boun Abdallah Dionne, son Premier ministre, d’introduire une proposition de révision de la Constitution en vue de supprimer son propre poste.

En reconduisant samedi son chef de gouvernement, Macky Sall, qui entend accélérer son plan Senegal emergent (PSE) lors de son second mandat, lui a confie la tache de se preparer a la suppression de son propre poste de Premier ministre.

En reconduisant samedi son chef de gouvernement, Macky Sall, qui entend accélérer son plan Sénégal émergent (PSE) lors de son second mandat, lui a confié la tâche de se préparer à la suppression de son propre poste de Premier ministre.

À peine réélu et déjà aux prises avec une réforme de la Constitution. Macky Sall a annoncé samedi 6 avril vouloir renforcer la dimension présidentielle du régime politique en cours au Sénégal en supprimant le poste de Premier ministre, une manière de faire l’économie de procédures allongeant les délais de prise de décision.

Le Sénégal sans Premier ministre, du déjà-vu !

Figure de modèle démocratique en Afrique, le Sénégal s’était déjà passé de Premier ministre jusqu’en 1970 sous la présidence de Léopold Sédar Senghor, quand Abdou Diouf avait été nommé à la primature, et sous la présidence d’Abdou Diouf, au début des années 1980. Les contextes étaient alors bien différents. En 1963, alors que ses relations avec Mamadou Dia, président du Conseil (équivalent du poste de Premier ministre, NDLR), battent de l’aile, le président Léopold Sédar Senghor prend plusieurs décisions importantes, dont l’organisation d’un référendum, et supprime le poste de Premier ministre. Sept ans après, le 26 février 1970, le président Senghor, rassuré par le profil d’Abdou Diouf, organise un nouveau référendum et le nomme à la primature. En 1981, Abdou Diouf accède à la présidence de la République et imite Senghor en supprimant le poste de Premier ministre, le 1er mai 1983, à la suite de la révision constitutionnelle adoptée par l’Assemblée nationale. En mars 1991, il revient sur sa décision et rétablit la fonction de chef du gouvernement.

Ce que veut Macky Sall

À la manœuvre en 2019, Macky Sall a reconduit dans ses fonctions le Premier ministre qu’il a nommé il y a 57 mois. Mahammed Boun Abdallah Dionne aura la tâche de présenter à l’Assemblée nationale, où il dispose d’une confortable majorité, une réforme qui « passera par la suppression de l’échelon intermédiaire de Premier ministre », a expliqué en personne le chef du gouvernement depuis le palais présidentiel. « Ce dont il s’agit, c’est de diminuer les goulots d’étranglement pour que l’information circule davantage » et pour que les réformes aient « davantage d’impact pour les populations », a-t-il souligné à la télévision. Pendant la période de transition, Mahammed Boun Abdallah Dionne cumulera ses fonctions de Premier ministre et de nouveau secrétaire général de la présidence de la République. Ensuite, « la deuxième fonction qui m’a été confiée prendra le dessus, bien entendu », a-t-il précisé.

Macky Sall a décidé d’« insuffler une nouvelle dynamique à la conduite des affaires publiques » avec pour objectif « la simplicité dans l’organisation », « la souplesse dans l’action » et « la clarté et la lisibilité des échelles de responsabilités », avait peu avant expliqué le secrétaire général de la présidence de la République sortant, Maxime Jean-Simon Ndiaye. « Il faudra faire une modification au poste de Premier ministre. Il faudra que l’on puisse répondre avec célérité aux demandes des populations et à la demande récurrente des jeunes sur l’emploi, aux questions de développement et à l’accès universel » aux services publics, avait confié dans l’après-midi Macky Sall à son Premier ministre Dionne, selon des images télévisées de leur entretien. « Une fois la réforme passée, vous pourrez m’aider dans le suivi de la mise en œuvre de l’action du gouvernement », lui avait-il expliqué.

Par Le Point Afrique

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