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Le mouton de Tabaski, indicateur de l’inflation ?

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Mouton Tabaski
Mouton Tabaski

Il faut seulement que 4 jours à un ouvrier français pour payer son mouton quand son homologue nigérien doit carburer 89 jours. Au Sénégal, un travailleur indexé au SMIG passe 70 jours de labeur pour obtenir le précieux animal.

Des millions de moutons ont été sacrifiés un peu partout dans le monde les 11 et 12 août 2019 à l’occasion de la fête de Tabaski ou Aid El Adha. Selon les compilations de Financial Afrik, de toutes les capitales africaines, c’est à Niamey que la bête ovine  était la moins chère, soit 80 000 Franc CFA (122 euros). Viennent  ensuite Bamako (90 000 Franc CFA) Nouakchott (60 000 Ouguiyas, soit 100 000 Franc CFA ou encore 152 euros) et Rabat (250 euros). Ces chiffres doivent être rapportés au pouvoir d’achat, différent d’un pays à un autre, pour affiner la comparaison. En France où ce pouvoir d’achat est  élevé, le mouton cotait 240 euros soit à peine le septième du SMIG. Autrement dit il faut seulement que 4 jours à un ouvrier français pour payer son mouton quand son homologue nigérien doit carburer 89 jours pour faire rendre gorge au modeste animal. Au Sénégal, un travailleur indexé au SMIG passe 70 jours de labeur pour obtenir le précieux animal. Ce temps de travail tombe à 30 jours chez l’ouvrier marocain contre le double (60 jours ) chez le Mauritanien. Pour combler le gap, certains chefs de familles ont recours à un crédit. Halal ou pas, qu’importe pourvu que la bête soit au rendez-vous de la fête.

Au delà de la dimension religieuse, le sacrifice est un puissant facteur de redistribution de richesses entre les campagnes et les villes. Seul hic, une chaîne de spéculation qui s’est greffée dans la relation directe au départ pour gonfler les prix et tondre l’éleveur et l’acheteur au plus près. Les échanges transfrontaliers ont aussi le vent en poupe à l’occasion de cette fête célébrée en général au lendemain de la station d’Arafat, étape clé du pèlerinage à la Mecque. Ainsi, la Côte d’Ivoire s’est tournée vers le Tchad au lieu du Burkina Faso et du Mali, fournisseurs traditionnels en proie aux groupes armés, alors que le Sénégal a compté sur le Mali et  la Mauritanie.

Loin des budgets moyens, certains moutons battent tous les records. Le Ladoum sénégalais né du croisement génétique entre le Touabir  mauritanien et le bali-bali malien, a de quoi donner le vertige avec des prix négociés au delà du million de Franc CFA. Vecteur de l’inflation, le mouton l’est sans doute. Source de cholestérol , c’est certain surtout quand la modération n’y est pas. (Financialafrik)

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