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Le film « I Am not your négro” de Raoul Peck plébiscité à l’UCAD”

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raoul peck
raoul peck

Ferloo.com- Dans le cadre du festival Sunu Cinéma coordonné par Moussa Touré, le terrain de basket de l’Université Cheikh Anta Diop  a abrité, vendredi soir  la projection du film documentaire du réalisateur haïtien Raoul Peck. Film documentaire, « I Am Not Your Negro », nominé pour les Oscars en février 2017, raconte le combat des Africains-Américains avec les mots de James Baldwin. Selon le prestigieux journal américain New-York Times, « I’m not your negro », est l’un des plus beaux films de l’année 2017.

A la fin de la projection les étudiants présents ont pu échanger sous la modération du Professeur Magaye kassé. Il ressort de ces discussions que ce combat décrit par Raoul Peck est toujours ‘ d’une brulante actualité.

À travers les propos et les écrits de l’écrivain noir américain James Baldwin, Raoul Peck propose un film qui revisite les luttes sociales et politiques des Afro-Américains au cours de ces dernières décennies. Une réflexion intime sur la société américaine, en écho à la réalité française. Les mots de James Baldwin sont lus par Joey Starr dans la version française et par Samuel L. Jackson dans la version américaine.

L’écrivain James Baldwin, qui est au cœur du film est une figure emblématique qui a beaucoup fait pour l’émancipation des noirs américains. L’auteur nous  sa pensée, ses interviews filmées et ses écrits pour donner plus de teneur au film. James Baldwin est ainsi mis au devant parce qu’il a été l’ami de  Martin Luther King et de Malcolm X. Il  part lui aussi de ce fait, du quotidien : “La plupart des Blancs que je croise ne sont pas racistes. Mais ils doivent se demander pourquoi ils ont besoin d’avoir un nègre. L’avenir de l’Amérique dépend de la réponse qu’ils donneront à cette question.” “Je ne suis pas votre nègre”, ajoute-t-il.

. Le film de Raoul Peck est  magnifiquement monté, à partir d’archives incroyables, parfois difficiles à supporter, dont la plupart semblent inédites.

En une heure et demie, le réalisateur  fait le tour de la question noire aux Etats-Unis, raconte l’histoire de l’esclavage, de l’abolitionnisme, de la lutte des Afro-Américains pour obtenir l’égalité des droits.

C’est une histoire violente  et qui continue de l’être malgré les deux mandats de Barak Obama.

Le  film met tout en œuvre pour que le spectateur puisse se mettre à la place d’un Noir qui vit aux Etats-Unis, face à l’humiliation, aux lynchages, à l’injustice permanente qui fait, comme le dit Baldwin – magnifique figure aux paupières tombantes qui lui donnent un air triste –, que l’on poursuit et met en prison un Noir quand il déclare “la liberté ou sinon la mort”, alors qu’on loue le Blanc qui fait de même…

Le documentaire de Peck, est passionnant de bout en bout. Les voix off de Samuel L. Jackson, en VO, et de Joey Starr, en VF, sont tout aussi splendides l’une que l’autre. Et donnent envie de lire ou relire James Baldwin, auteur un peu oublié aujourd’hui.

James Baldwin est né en 1924, à Harlem, le quartier africain-américain de New York. Noir et gay, il est rejeté par sa famille. À l’âge de 10 ans, deux officiers de police abusent de lui. Toute sa vie, l’écrivain n’aura de cesse de dénoncer la violence et l’oppression à l’égard des minorités. Le documentaire de Raoul Peck s’appuie sur les 30 premières pages d’un ouvrage que l’auteur de La Conversion a laissé inachevé à sa mort, en 1987. Dans « Remember this House », James Baldwin avait pour ambition de retracer l’histoire de l’Amérique dominée par les Blancs, à travers le combat de trois grandes figures des droits civiques : Medgar Evers, Martin Luther King Jr. et Malcolm X, tous plus jeunes que lui et assassinés avant leurs 40 ans.

C’est  l’affaire Dorothy Counts  cette jeune Noire de 15 ans qui se rend en 1957 au lycée Harry Harding, suivie par une foule de camarades blancs agressifs, qui pousse James Baldwin, expatrié en France pour échapper à la ségrégation, à retourner aux États-Unis. Il revient pour “payer ses dettes”, comme il l’écrit. “Raoul Peck fait de James Baldwin un champion de l’égalité entre les hommes et le porte-parole de tout un peuple”, commente le journal communautaire africain-américain Afro.

Prix du Meilleur documentaire à Philadelphie, Prix du Public à Toronto et à Berlin, digne nominé à l’Oscar du Meilleur Documentaire en 2017, I am not your Negro  a connu un fulgurant succès dés sa sortie en salle. Cette production franco-américaine est d’ores et déjà l’un des 35 plus gros succès de l’histoire du documentaire aux USA avec un score solide de 6.9M$.

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