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L’année sociale décrétée par Macky Sall va coûter cher au budget national

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Et l’année 2019 risque d’être une année très difficile pour les finances publiques, déjà en berne. Car, en ne faisant que céder des milliards à plusieurs secteurs sociaux inscrits dans le rapport de force, le Président Sall crève le plafond des dépenses. Tout ça pour un second mandat.

Tout aux urgences sociales. A ce rythme, Macky Sall va très vite donner des cheveux blancs à son ministre des Finances, Amadou Bâ. Sa distribution à tour de bras pour éteindre les foyers de tension, à la veille de la présidentielle de 2019, risque d’être très compliquée pour les finances publiques. Surtout en ces temps de vaches squelettiques où toutes les Petites et moyennes entreprises (Pme) dénoncent des tensions de trésorerie qui les empêchent de rentrer dans leurs fonds après service fait. Du moins pour celles qui font les choses à la normale et ne veulent pas être payées tout de suite dans ce contexte électoral où rien ne semble sûr.

Avec la hausse annoncée du montant du Programme national des bourses de sécurité familiale, qui englouti déjà 40 milliards de francs Cfa, les 30 milliards alloués au Fonds national pour l’entreprenariat rapide, programme de dernière chance avec la couche jeune à qui on avait promis 500 mille emplois durant le septennat, la hausse de l’indemnité de logement des enseignants, exonérations fiscales, hausse des bourses d’étudiants, ou encore les autres secteurs sociaux qui vont bientôt bouger comme la santé, l’année sociale de Macky Sall va coûter cher au pays. En effet, ces dépenses dites sociales vont être insupportables pour les finances publiques et 2018 sera une année perdue pour l’économie nationale. Car, tout ce qu’on aura produit comme richesse est déjà consommé par le social.

A ce rythme de concessions aux différents secteurs sociaux qui sont dans les rapports de force, il est fort à craindre que l’Etat cherche ailleurs les moyens de tenir parole. Et en toute évidence économique, les taxes et impôts risquent de s’envoler. Le pouvoir, s’il voit son Cdd renouvelé, va encore braquer les entreprises qui contribuent aux recettes budgétaires. Dans le cas contraire, le régime qui arrivera va trouver des «caisses vides», comme le criait haut et fort le tout premier ministre du Budget de Macky Sall, Abdoulaye Daouda Diallo. Cela, suite aux déclarations de Wade faisant état du non paiement des salaires s’il n’était pas réélu en 2012.

Par ailleurs, avec le poids de la dette qui fait jaser au sein de la classe politique, l’Etat sera obligé d’alléger le fardeau quelque part : soit par une hausse d’impôts, comme actuellement sur le ciment et certains jus de fruits, soit par l’arrêt de certaines subventions pour l’application de la vérité des prix, comme sur l’énergie tant réclamé par le Fonds monétaire international (Fmi).

Le seul facteur qui pourrait permettre au gouvernement de tenir serait une forte croissance économique. Et là encore, des doutes subsistent. En effet, quand on a appris chez nos confrères du journal Le Quotidien, dans leur édition d’hier, que l’Etat a bidonné les chiffres de la croissance économique en 2016, on ne voit pas comment le gouvernement va pouvoir financer tout cela malgré son leverage sur le marché financier. «L’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) a revu à la baisse les taux qui avaient été annoncés jusqu’à ce jour, à savoir 6,5 %. Les statisticiens de l’Etat ont retoqué le chiffre à 6,2 %, soit une chute de 4 dixièmes de point», révèlent nos confrères. Si tel est réellement le cas, on peut bien douter de la sincérité du taux de 7,2 % de croissance plastronné l’année dernière. Et cette curieuse manière de jongler avec les chiffres ferait planer le doute sur le respect des engagements de l’Etat qui ne cesse de courroucer les enseignants. (walf-groupe)

 

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