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La voie sans issue de Macky Sall ! Par Emmanuel Desfourneaux

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Emmanuel Defourneaux
Emmanuel Defourneaux

CREI, caisse noire, clientélisme, courtisans de l’intérieur et de l’extérieur, fausse opposition, tout ce système ne suffit plus à garantir un avenir radieux au président, sa famille et son clan

Plus les jours avancent, plus les choix de Macky Sall se réduisent comme une peau de chagrin ! La chance lui souriait jusqu’à la fin de son premier mandat. Il décapitait ses adversaires sans qu’une mouche « tsé-tsé » ne se mette en travers de son chemin. Pas de manifestations massives en faveur des prisonniers politiques ! Ces derniers s’en étonnaient au fond de leurs cellules. Etaient-ils mal aimés ? Les Djinns ne semblaient même pas être du côté des opposants ! Le coup politique était parfait.

Depuis sa nouvelle investiture, cette même chance fuit Macky Sall. Son fast track se transforme en slow track avec l’emblématique TER. Il faut dépêcher son ministre des Affaires étrangères en France afin de négocier l’acquisition de bougies d’allumage ! Ses courtisans et les apparatchiks le désertent ou tout du moins programment secrètement leur départ tôt ou tard. Ils pensent à leur avenir !

Certes, Macky Sall dispose toujours de quelques cartes en main. Sa CREI est à sa disposition pour faire régner la peur. Me Djibril War a brandi cette menace contre le déchu Moustapha Diakhaté. Et ce pour des supposées infractions qui ne concernent nullement la compétence de cette juridiction d’exception ! C’est dire si la CREI est avant tout un instrument de terreur (et donc de neutralisation politique, comme dans l’affaire Abdoulaye Baldé) et de moulinette des ennemis de l’intérieur.

Mais voilà, CREI, caisse noire, clientélisme, courtisans de l’intérieur et de l’extérieur, fausse opposition, tout ce système ne suffit plus à garantir un avenir radieux à Macky Sall, sa famille et son clan. L’Afrique change ! Deux faits devraient attirer l’attention du président sénégalais dans ses futurs choix :

1) La CEDEAO se prononce contre le principe du 3ème mandat. Le peuple sénégalais n’en veut pas non plus. Les arrestations et détentions arbitraires – à l’exemple de l’activiste Guy Marius Sagna, se multiplieront sans doute. Les activistes « sénégalonautes » vont connaître des lendemains difficiles. Face à ces atteintes aux libertés publiques, il n’est pas sûr que les citoyens sortent en nombre. Jusqu’à quand ? Faire le pari du développement contre la démocratie, c’est toutefois peine perdue ! Le 23 juin, journée tranquille, pensait-on quand le soleil se leva, devint la manifestation symbolique qui a fait reculer le pouvoir ; la prochaine contre le 3ème mandat sera à coup sûr une révolution !

2) Les cas de l’Angola et de la Mauritanie devraient inspirer Macky Sall. Il n’y a pas d’issue pour lui. Sinon respecter l’Etat de droit et revoir sa copie concernant ses relations envers la vraie opposition sénégalaise. En effet, Macky Sall ne pourra pas compter non plus sur ses amis. Des amis de plus de 40 ans (Mohamed Ghazouani et Joao Lourenço), cooptés respectivement par Mohamed Aziz et José Dos Santos, ont lancé des épurations inédites contre les anciens présidents, leurs familles et leurs soutiens. C’est tout le clan de l’ancien président angolais qui est sous le coup d’enquêtes judiciaires, à la suite des révélations de « Luanda Leaks ». L’ancien président angolais est en exil à Barcelone ; ce sera assurément le sort de l’ex-président Aziz, direction vers les Emirats-unis.

En résumé, Macky Sall ne pourra ni compter sur un 3ème mandat, ni sur la fidélité d’un successeur pour échapper aux poursuites judiciaires. Jusqu’à maintenant, Macky Sall a retardé une décision, celle de dépolitiser la justice sénégalaise et de la rendre indépendante pour être entre autres la gardienne de la bonne gouvernance. Aujourd’hui, il est impératif qu’il fasse les bons choix pour le Sénégal mais aussi pour lui-même et les siens.

A contrario, ce sera l’exil ou la CREI. Il n’est pas question que la justice ne passe pas. Il faut donc garantir les droits de la défense et le respect du droit international pour tous, tant qu’il est encore temps. Les décisions de justice de la CEDEAO et du Comité des droits de l’homme doivent être appliquées. Il faut ériger toute condamnation par ces instances comme des révisions automatiques, voire des annulations de la procédure litigieuse. Comme cela se fait ailleurs.

Sinon je crains que tout cela se répète, mais cette fois-ci en défaveur du président actuel et du futur ex-président ! Et il ne faudra pas compter sur le soutien de la France qui n’a pas d’amis, mais seulement des intérêts ! Macky Sall est dans l’impasse. A lui de faire les bons choix qui peuvent le sauver ! (Seneplus)

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