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Guinée : une situation sécuritaire toujours tendue à Conakry

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Guinée situation tendue
Guinée situation tendue

Alors que des violences ont lieu depuis le dimanche de l’élection, la situation sécuritaire reste très tendue à Conakry. Une mission de la communauté internationale tente d’apaiser la situation au cours d’une journée de dialogue avec les différents acteurs.

La situation à Conakry est très variable selon les quartiers. Le centre-ville est plus animé que ces deux derniers jours. L’accès à Kaloum, le quartier administratif et des affaires, est toujours filtré, les forces de défense et de sécurité contrôlent les coffres des voitures.

En allant vers la périphérie, il n’y avait pas de manifestants en vue, mais quelques barrages de fortune avec des pierres et des pneus. Le quartier de Bambéto est de nouveau accessible, mais sous haute surveillance. Il reste des traces des violences de ces derniers jours, notamment des carcasses de voiture, des boutiques incendiées.

Fort dispositif militaire

Un peu plus loin dans la haute banlieue de Conakry, dans les quartiers réputés favorables à l’opposition, plusieurs témoins font part de tirs depuis 6 heures ce matin. À Kosa par exemple, les habitants terrés chez eux affirment voir passer des policiers, des gendarmes, des bérets rouges. Là, les boutiques sont fermées. On constate un fort dispositif militaire avec plusieurs corps d’armée qui ont été réquisitionnés pour assurer le maintien de l’ordre.

Le FNDC, qui avait appelé à la mobilisation à partir d’aujourd’hui, explique que les manifestants n’ont pas la possibilité de sortir. Le FNDC qui dit avoir refusé de rencontrer la délégation tripartite qui est sur place à Conakry.

C’est dans ce contexte que la mission de la Cédéao, de l’Union africaine et de l’ONU doit rencontrer toutes les parties ce lundi alors qu’elle est arrivée dimanche à la mi-journée. Elle comprend notamment Jean-Claude Kassi Brou, le président de la Commission de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et Mohamed Ibn Chambas pour les Nations unies.

 

Des rencontres de tous les acteurs

Il y aura des rencontres avec les responsables de la Commission électorale nationale indépendante, le Premier ministre, les ambassadeurs du G5-Cédéao ainsi que les ambassadeurs africains. Puis au programme aussi, des rencontres prévues avec les deux principaux acteurs du bras de fer, Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo.

Le problème, c’est que le leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) explique qu’il est disposé à recevoir cette délégation à son bureau, donc au siège de son parti qui est fermé depuis mercredi 21 octobre, et non pas à son domicile où il se trouve sous surveillance des forces de sécurité. Il n’est pas possible d’entrer ou de sortir de sa résidence.

Il est donc difficile de savoir si la délégation pourra effectivement le rencontrer de visu avec cette condition. Cellou Dalein Diallo qui expliquait au téléphone il y a quelques instants qu’il « ne faisait pas confiance à la Cédéao ». Il estime qu’« elle a toujours joué le jeu d’Alpha Condé ».

La délégation devrait faire un bilan de sa mission en toute fin de journée devant la presse.

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