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“Fouta street” de Laurence Gavron, un voyage dans l’univers Haal pulaar 

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Fouta Street
Fouta Street

Le nouveau roman de l’écrivaine franco-sénégalaise, Laurence Gavron, intitulé “Fouta street” (Rue Fouta), est un voyage dans l’univers Haal Pulaar (nord), mais aussi dans cette communauté établie à New York (Etats-Unis).

“J’avais le titre bien avant d’avoir le livre, une amie m’a parlée il y a une quinzaine d’années de cette rue qui est à Brooklyn qui s’appelle +Fouta street+, occupée et colonisée par les peules, J’ai trouvé que c’était un bon titre”, a-t-elle expliqué lors de la cérémonie de présentation de son dernier roman à la librairie 4 Vents de Mermoz.

La Franco-sénégalaise s’intéresse ainsi depuis un moment à cette communauté sénégalaise. Elle avait exposé en janvier 2011 à l’Institut français de Dakar 24 clichés du quotidien de cette ethnie intitulée “Haalpulaar’en”.

Aujourd’hui, elle a publié un polar de 296 pages, paru aux “éditions du Masque”’ à Paris, le 11 octobre dernier, dont la trame rend compte d’une “aventure entre deux mondes qu’en apparence tout oppose”, une histoire de mariage en toile de fond. Dans “Fouta street”, dont l’auteur révèle que le titre renvoie à un espace qui existe réellement à New York, tout est “dualité”.

L’ouvrage “Fouta street”, troisième livre d’une trilogie après “Boy Dakar” (2008) et “Hivernage” (2009) met en scène la vie de Takko Deh, une jeune sénégalaise, promise à son cousin Yoro Sow qui vit Brooklyn (USA). Elle va finalement se marier avec lui “sans le connaitre” et le rejoint à New York…

Mais l’histoire connait un rebondissement un soir avec la disparition du domicile conjugal de Takko Deh. “Les rumeurs de ce départ honteux se répandent comme une trainée de poudre dans les milieux traditionnalistes de la communauté peule new-yorkaise et jusque dans les régions les plus reculées au nord du Sénégal”.

Au-delà de cette plongée dans l’univers pulaar, Laurence Gavron aborde divers thèmes dans son livre, notamment la disparition des salles de cinéma au Sénégal, mais surtout la condition de la femme sénégalaise dont le fait de ne pas procréer est mal vu dans la société.

“J’aime bien tout en parlant du bon côté et des endroits, souligner aussi les limites. Je ne suis pas féministe (…). Je ne veux pas faire un livre militant, mais je parle de choses qui me révoltent de façon relative au détour de discussions”, a-t-elle expliqué.

Le roman “Fouta street” est aussi un récit au style très descriptif des différents endroits traversés que ce soit au Djoloff ou dans le Ferlo ou à New York. Laurence Gavron a séjourné au Fouta et dans le Djoloff en 2008 et à New York en 2010 pour y mener des investigations.

Certains personnages comme le commissaire Souleymane jules Faye traversent les romans de Laurence Gavron, car c’est le même qui mène les enquêtes dans ce polar.

“Je n’écris et ne parle que des gens et des endroits que j’aime. Même quand j’étais journaliste, je n’écrivais que sur des choses que j’aimais ou me révoltaient. Le commissaire Souleymane Jules Faye, c’est en hommage au chanteur Diégo que j’aime beaucoup”, a noté l’écrivaine, faisant ainsi allusion à l’artiste-musicien Souleymane Faye.

Très attachée au genre littéraire polar, la Franco-sénégalaise dit avoir beaucoup lu très jeune les polars américains, français ensuite. Pour elle, “le polar vous permet de parler de façon ludique et sans trop être lourd de gens et d’endroits que l’on aime”.

Le livre “Fouta street” a reçu l’édition 2017 du “Prix du roman d’aventures”, une distinction décernée chaque année par la librairie des “Champs-Élysées”, puis par les “éditions du Masque” à un roman policier français ou étranger.

Laurence Gavron qui vit au Sénégal depuis 1997 est également réalisatrice et a déjà à son actif des documentaires consacrés à des artistes sénégalais, parmi lesquels le film “Samba Diabaré Samb, le gardien du temple” 2006). Il y a aussi “Yandé Codou Sène, diva séereer” (2008).

Par APS

 

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