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«ENGLISH TEACHER OF THE YEAR» : Djibeïrou Tall, la persévérance et l’amour de l’enseignement

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Djibeïrou Tall
Djibeïrou Tall

Le lauréat du prix ‘’English Teacher of the Year-2019’’(meilleur enseignant d’anglais de l’année), Djibeirou Tall, professeur d’anglais au lycée de Pikine est un homme persévérant et un passionné de la langue de Shakespeare. Ayant subi une année blanche dans son cursus, un refus de recrutement de la part des autorités après sa première formation d’enseignant, il n’a pas baissé les bras. Il s’est armé de courage et de détermination pour réaliser son rêve d’être au service des élèves pour leur donner le gout de la langue du monde.

L’écharpe blanche de la consécration autour du cou, lunettes d’intello bien ajustées sur le nez, Djiébeirou Tall est assailli de part et d’autre par des collègues, des amis, des parents voulant tous lui serrer la main, lui faire l’accolade pour le féliciter. L’heureux élu de l’Ates (association des professeurs d’anglais du Sénégal), en tant qu’ «English Teacher of the Year» (meilleur enseignant d’anglais de l’année 2019), a cependant une minute pour tout le monde. Reconnu par ses pairs, le petit homme de par taille à la barbe poivre-sel, a le visage rayonnant. Il est comblé, mais savoure sa joie avec modération…

bile pas non plus car à son avis, même si c’est un «sentiment de joie et de fierté» les nominés et les simples enseignants qui se battent tous les jours dans les salles de classe de l’intérieur du pays, dans des conditions difficiles, méritent tous ce prix. C’est sa nature d’homme posé et serein en toute circonstance selon ses proches. Cependant, il suffit de discuter en aparté avec Djibeirou Tall, professeur d’anglais du secondaire au Lycée de Pikine pour trancher que malgré son triomphe modeste, il a du mérite. Cet homme de 50 ans a un parcours qui force le respect et suscite l’admiration. Celui qui pense que ses points forts sont «peut-être l’assiduité et son engagement dans les activités de l’Ates en plus de la ponctualité et de la rigueur dans le travail» a su s’accrocher à son rêve de devenir enseignant d’anglais malgré les obstacles qui n’ont pas manqué dans son parcours.

Il a fait son cycle primaire dans son village natal de Yaféra dans le département de Bakel, en pays Soninke, où il est né en 1968. Après les 6 ans du primaire passés dans son village natal, Djibeirou  Tallest allé à Bakel où il a entamé son cycle moyen en faisant partie de la première cohorte d’élèves du Collège Waoudé Ndiaye de Bakel inauguré en 1981. Après son Brevet de fin d’études moyennes (Bfem)obtenu en 1985, il devait rejoindre Tambacounda, mais faute tuteur dans la capitale orientale, il regagne Dakar et s’inscrit au Lycée Blaise Diagne. C’est dans cet établissement, nous confie-t-il, nostalgique, qu’il obtient le baccalauréat en 1990 après une année blanche subie en 1988 alors qu’il était en classe de Première. Après le baccalauréat, il s’inscrit en première année du département d’anglais en 1990-1991.

Plusieurs années après, il devient enseignant de formation, diplômé d’anglais à l’Ucad où il a eu sa maitrise en deux temps. Cela renseigne sur sa persévérance et son avidité pour la connaissance : après avoir eu son certificat de maitrise en 1997, il est revenu rédiger son mémoire de maitrise, 6 ans plus tard, en 2003 pour obtenir son diplôme de maitrise complète en anglais. Entre temps, il avait entamé une carrière d’enseignant en ayant le Caesem, diplôme d’enseignement correspondant au niveau baccalauréat en 1997. Il obtient le Certificat d’aptitude à l’enseignement moyen (Caem) en 2000et le Caes (Certificat d’aptitude à l’enseignement secondaire)en 2006.

Parenthèse gambienne…

Cependant, avant d’intégrer les salles de classe sénégalaises, il a dû patienter car à l’époque après l’obtention de son premier diplôme d’enseignant, les autorités avaient refusé de les recruter. «En 1997, nous étions la promotion d’enseignants qui n’avaient pas été recrutés par le régime socialiste. A notre sortie en 1997, le président qui était là n’a pas voulu de nous pour des raisons que nous ignorons. On est resté 3 ans sur le carreau», se remémore-t-il, amer. Pendant cette traversée du désert, Djibeirou Tall, pour ne pas rester oisif, «s’exile» en Gambie où il a travaillé de 1998 à 2000 au lycée sénégalais de Banjul. Il acquiert une très bonne expérience dans l’enseignement pendant ce qu’il est convenu d’appeler un séjour linguistique en pays anglophone.

Finalement, la «promotion sacrifiée» des enseignants de 1997n’a dû son salut qu’au nouveau régime sénégalais de 2000 avec l’avènement de président Abdoulaye Wade qui avait décidé de les recruter. C’est ainsi que depuis 2000, il a commencé sa carrière d’enseignant d’anglais. Le meilleur enseignant d’anglais de 2019 démarre au Lycée de Ndol-Ndol, dans le département de Bambey où il passe 5 années (2000 à 2005). C’est depuis Ndol-Ndol, en 2003, qu’il a fini de rédiger son mémoire de maitrise en 2003. Toujours à la quête de la formation, en 2005, il intègre l’Ecole normale supérieure(Ens) actuelle Fastef. Un an plus tard, il est affecté au lycée de Khombole où il enseigna l’anglais pendant 8 ans. C’est en 2014, qu’il a regagné le lycée de Pikine où il est en service jusqu’à présent.

Professeur, chercheur

Même si l’anglais demeure la première langue étrangère dans le système éducatif sénégalais, DjibeirouTall, pense qu’il y a beaucoup de choses à faire pour améliorer son enseignement. Les enseignants étant aussi les transmetteurs de la langue, il leur recommande d’être aussi des ambassadeurs de l’anglais pour la rendre attrayante aux yeux des apprenants. «Il ne suffit plus seulement de faire sa formation initiale et d’avoir son diplôme. Il faut surtout maintenir le cap grâce à la formation continue, en participant aux séminaires, en intégrant les associations de professeurs comme l’Ates. Le professeur est un chercheur et ceux qui arrêtent la recherche n’ont plus droit au chapitre», estime-t-il. Toujours pour une meilleure attractivité de la lange de Shakespeare, le lauréat propose aux professeurs de revoir leur système d’évaluation, «parce que les élèves pensent que l’anglais est impénétrable, parce qu’ils ont souvent de mauvaises notes». «Il faut revoir par ricochet tout le système parce qu’on évalue comme on enseigne et nous devons nous remettre en cause ; voir si ce que nous enseignons est maitrisé, est ce que ce que la méthode d’évaluation est la bonne?». A son avis, ces questions doivent constituer un chantier pour les spécialistes de l’enseignement de l’anglais «car quelque chose doit être fait pour améliorer cette langue».

Marié et père de 6 enfants, Djibierou Tall a eu aussi à faire des formations professionnelles spécialisées en bénéficiant de 3bourses américaines avec le Programme E-Teachers(programme en ligne pour des enseignants). Entre autres, en 2009 il a été formé par l’université de Maryland en ‘’Teachning english to Youg learners’’, en 2017 avec l’université d’Orégan et en 2018 avec l’université d’Ihio en ‘’Using Techlogy to the english classe room’’. Djibeirou Tall veut mettre toute son expérience au service des jeunes qui doivent maitriser l’anglais pour devenir un citoyen du monde. (Le Soleil)

 

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