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Ebola, pollution, anti-vaccins : l’OMS dévoile son top 10 des menaces pour la santé en 2019

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Refugies nations unies flickr
Refugies nations unies flickr

Si la polio ou la lèpre sont en passe d’être éradiquées dans le monde, de nouveaux dangers sanitaires sont apparus ces dernières années et pourraient aboutir à des pandémies et des millions de morts en 2019. Voici les priorités absolues à traiter pour 2019 selon l’Organisation mondiale de la santé.

Les antibiotiques étaient censés nous délivrer des pneumonies, septicémies et autres infections bactériennes. On assiste aujourd’hui à l’émergence de bactéries résistantes à tous les traitements connus. On croyait la rougeole ou la coqueluche reléguées au rang de maladies du passé. On constate une recrudescence en raison de la méfiance envers les vaccins. Et alors que les conditions de vie sont globalement en hausse dans le monde, de plus en plus de personnes se trouvent dans des situations à risque. Désolant, s’alarme l’OMS, qui a listé son top 10 des menaces pour 2019.

La pollution de l’air

Neuf personnes sur dix respirent un air pollué chaque jour, constate l’OMS. La pollution entraîne la mort prématurée de sept millions de personnes dans le monde par cancer, crise cardiaque ou affections respiratoires. À New Delhi, la ville la plus polluée au monde, on enregistre régulièrement des pics à 400 μg de particules par m3, soit seize fois les niveaux recommandés par l’OMS. Il est pourtant possible d’agir : la Chine a ainsi réussi à faire baisser la densité en particules fines de 12 % entre 2013 et 2016, soit un gain de six mois d’espérance de vie.

Les maladies non transmissibles

Diabète, cancer, maladies cardiovasculaires… Ces maladies sont collectivement responsables de 70 % de décès dans le monde et entraînent chaque année la mort prématurée de 15 millions de personnes âgées de 30 à 69 ans. 85 % de ces décès interviennent dans les pays à revenu moyen ou faible, où les traitements ne sont pas facilement disponibles. L’obésité, le tabac, l’alcool et la sédentarité sont autant de facteurs qui favorisent la survenue de ces maladies chroniques. Au Mexique par exemple, le taux d’obésité a doublé en moins de 20 ans, passant de 35 % en 1988 à 70 % en 2016.

La peur des vaccins

La vaccination prévient la mort de 2 à 3 millions de personnes par an et 1,5 million de vies pourraient encore être évitées si la couverture mondiale s’améliorait, estime l’OMS. Pourtant, on assiste aujourd’hui à un retour en arrière, avec des campagnes anti-vaccination qui circulent sur Internet et de plus en plus de parents refusant de faire vacciner leurs enfants. Les cas de rougeole ont par exemple bondi de plus de 30 % dans le monde l’an dernier par rapport à 2016, faisant 110.000 morts. Un phénomène qui touche aussi les pays développés et notamment la France, où la couverture vaccinale reste insuffisante, d’après Santé publique France.

Ebola

La RDC fait actuellement face à une recrudescence du virus Ebola, qui a déjà causé le décès de 273 personnes entre août et décembre 2018. Une épidémie qui fait craindre celle de 2014-2016, où la maladie avait entraîné la mort de plus de 11.000 personnes en Afrique de l’Ouest. Ce qui inquiète particulièrement l’OMS, c’est que cette nouvelle vague touche cette fois les centres urbains à forte densité et mobilité de la population, ce qui multiplie le nombre de victimes potentielles. Surtout, l’insécurité permanente dans la région causée par les groupes armés empêche une riposte efficace, note l’OMS.

La grippe saisonnière

Souvent jugée bénigne, la grippe saisonnière tue pourtant 650.000 personnes chaque année, rappelle l’OMS, et notamment les populations fragiles (femmes enceintes, personnes âgées, jeunes enfants…). La prévention s’avère particulièrement complexe dans la mesure où le virus mute constamment, nécessitant la mise au point d’un nouveau vaccin chaque année. « Une pandémie de grande ampleur est quasi certaine, la question est de savoir quand », met en garde Wenqing Zhang, le directeur du programme de lutte contre la grippe à l’OMS. L’institution préconise une amélioration de la couverture vaccinale et un renforcement du système de surveillance mondial.

La dengue

Cette maladie transmise par les moustiques provoque des symptômes grippaux et entraîne jusqu’à 20 % de décès parmi les populations touchées. De nombreux cas surviennent pendant la saison des pluies dans les pays asiatiques. Or, cette période tend à se prolonger en raison du changement climatique, augmentant ainsi les risques. En 2018, le Bangladesh a ainsi enregistré le plus grand nombre de décès par dengue (17) depuis plus de deux décennies. 40 % de la population mondiale est exposée à la dengue, s’inquiète l’OMS, qui vise une réduction de 50 % des décès d’ici 2020.

Le faible accès aux soins primaires

Beaucoup de pays manquent encore cruellement d’infrastructures et de politiques de santé, avec pour conséquence une espérance de vie plus faible et une mortalité infantile élevée. Pas moins de 7,3 milliards de personnes n’ont pas accès à une couverture maladie universelle et les inégalités demeurent criantes dans ce domaine : la France compte ainsi 32 médecins pour 10.000 habitants contre un seul au Rwanda ou cinq en Thaïlande. L’OMS a organisé une grande conférence sur le sujet à Astana en octobre dernier, préconisant la mise en place d’un système d’accès aux soins de base pour tous dans chaque pays.

Le VIH

En dépit des progrès dans le traitement et le confinement du virus dans le corps, le sida n’en demeure pas moins une maladie mortelle dans la plupart des pays. Près d’un million de personnes meurent encore chaque année du VIH et 1,8 million ont contracté la maladie en 2017. Le problème, c’est qu’un malade sur quatre ignore qu’il est infecté et risque donc de transmettre et de développer le virus. L’OMS mise donc beaucoup sur le dépistage, notamment des auto-tests organisés sur le lieu de travail.

Les populations fragiles

Quelque 1,6 milliard de personnes, soit 22 % de la population mondiale, connaît une situation de risque de crise sanitaire, estime l’OMS. Le Yémen subit ainsi « la pire crise humanitaire du monde », d’après le Programme alimentaire mondial, avec près de 8 millions d’habitants considérés à la limite de la famine. Une situation due au conflit qui sévit dans le pays depuis trois ans. De nombreux pays d’Afrique australe et orientale subissent, eux, une grave sécheresse depuis plusieurs années et les 68,5 millions de déplacés à travers le monde, un record, sont eux aussi particulièrement fragiles.

La résistance microbienne

Si les antibiotiques ont contribué à sauver des millions de vie depuis leur apparition, leur usage excessif et leur mauvaise utilisation (patients qui ne vont pas au bout de leur traitement par exemple) ont entraîné l’apparition de bactéries multirésistantes (BMR). L’ECDC (European Centre for Disease Prevention and Control) estime que les BMR sont responsables de 700.000 infections et 33.000 décès par an en Europe. En septembre dernier, une équipe australienne a ainsi mis en garde quant à la diffusion d’une bactérie résistante à tous les médicaments connus, Staphylococcus epidermidis, et qui pourrait causer des infections incurables. (futura-sciences)

 

 

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