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Contribution à l’économie nationale : Non Monsieur Wélé, vous ne connaissez pas la pêche !

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photo talib 1
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« Ignorance est mère de tous les maux ». Rabelais 

Invité d’une chaîne de télévision pour se prononcer sur la question des licences de pêche, « l’économiste » Abou Wélé est passé à côté de la plaque. En effet, les téléspectateurs n’ont pas eu de réponse à leurs nombreuses questions relatives à l’apport du secteur de la pêche dans l’économie nationale.

Au tour de la table, Mamadou Diop Thioune, représentant la pêche artisanale, Ameth Ndir, représentant une organisation de pêche industrielle, Adama Lam, représentant une autre organisation de la pêche industrielle et Abou Wélé, « économiste ».

Si les 3 premiers ont bien défendu les intérêts de leurs corporations, je suis au regret de constater que « l’économiste » Wélé est complétement passé à côté. Notre économiste national a montré à la face du monde qu’il ne connaît rien de la pêche.

En lieu et place d’informations économiques, il n’a fait que brasser du vent, faisant dans la manipulation et la diversion et s’attaquant à d’honnêtes Sénégalais. Permettez-moi de revenir un peu sur ses interventions.

APPORT DE LA PECHE A L’ECONOMIE NATIONALE 

Sur ce point, Monsieur Wélé dira que la pêche est gérée par « des politiques corrompus qui mettent l’argent de la pêche directement dans leurs poches au détriment des caisses de l’Etat ».

Monsieur l’économiste, l’administration sénégalaise est bien organisée. Et vos codébatteurs le savent pas bien, car ils ne versent aucun centime au Ministère des Pêches et de l’Economie maritime. Les versements se font au Trésor public qui n’est pas sous la tutelle du département des pêches.

Quant à l’apport de la pêche à l’économie nationale, je voudrais vous faire parvenir les informations suivantes.

En 2019, les exportations de produits de la pêche, origine Sénégal, s’élèvent à 285 237,005 tonnes contre 272 178,070 tonnes en 2018, soit une augmentation de 4,79%. La valeur commerciale estimée est de 259,1 milliards de francs CFA contre 244,16 milliards de francs CFA en 2018, soit une hausse de 6,11%.

Les produits congelés représentant 93% des exportations totales, les conserves 2%, les produits frais 2%, les autres produits transformés 1%, la farine de poisson 1,4%, l’huile de poissons 0,3% et les produits vivants 0,3%.

Le marché africain demeure la principale destination des exportations de produits halieutiques sénégalais avec 72,02%, correspondant à 205 424,35 tonnes contre 183 637,04 tonnes en 2018, soit une hausse de 21 787,31 tonnes en valeur absolue et 11,86 % en valeur relative.

Pour la destination Europe notamment, l’Union Européenne, les exportations ont chuté de -24%, passant de 50 512,77 tonnes en 2018 à 38 119,14 tonnes en 2019.

Premier pourvoyeur de devises en 2019 

Cette augmentation nette des exportations en 2019, place le secteur de la pêche au peloton de tête, des secteurs pourvoyeurs de devises au Sénégal. Ainsi, la pêche contribue pour 13,05% des exportations totales du pays.

Les principaux facteurs clés de cette performance sont les fruits d’un bon niveau de fonctionnement des unités de traitement agréées à l’exportation qui passent de 237 unités en 2018 à 254 unités en 2019, soit hausse de 7,17% et une bonne pénétration du marché africain en général et sous régional en particulier avec les petits pélagiques entiers congelés.

En réalité, ce sont ces réponses qu’on attend d’un bon économiste. A cet effet, je vous conseille un abandonnement au Bulletin Mensuel d’Information Economique et Financière du Ministère de l’Economie, des Finances et du Plan.

LA SURVEILLANCE DES PECHES 

En parlant de la surveillance des pêches, vous avez dit que « ce sont les acteurs de la pêche artisanale qui s’organisent avec les moyens de bord pour surveiller nos eaux ». Ironie du sort, Monsieur l’économiste ignore tout de son pays. Le Sénégal, en pays souverain a un système de surveillance performant. Et ce ne sont pas vos codébatteurs Adama Lam, Mamadou Diop Thioune et Ameth Ndir pour qui, j’ai beaucoup de respects, qui diront le contraire.

Monsieur l’économiste, je vous invite à effectuer une visite à la Direction de la Protection et de la Surveillance des Pêches (DPSP), sise à Mermoz, pour avoir la bonne information.

Pour vous éclairer la lanterne, sachez que c’est au Sénégal que de célèbres navires pirates tels que le « Kunlun ou Asian Warrior », le Gotland, le Oleg Naydanov ont été arraisonnés. Sans oublier les huit (08) navires chinois. Sur cette liste vient également s’ajouter l’arraisonnement des bateaux sénégalais. Vous me direz certainement que ces arraisonnements ont été faits par la pêche artisanale.

Monsieur Wélé, le Sénégal est un pays souverain où la surveillance de nos eaux est gérée par le Ministère des Forces Armées (Marine, Armée de l’Air et Gendarmerie Nationale) et le Ministère des Pêches et de l’Economie maritime à travers la DPSP et l’ANAM.

Pour renforcer la surveillance de nos eaux, le Président la République a renforcé la flotte de la Marine nationale avec deux patrouilleurs de haute mer (Le Kédougou et Le Fouladou).

MACKY SALL ET LA PECHE

Dès son arrivée au pouvoir en avril 2012, le Président Macky Sall a mis fin aux autorisations de pêche accordées aux bateaux étrangers pour la pêche des espèces migratrices.

Cette mesure de bonne gestion des ressources sera suivie par un vaste programme de construction et de modernisation des infrastructures de pêche artisanale lancée par l’Etat.  Il s’agit de la construction de quais de débarquement à Yoff, Potou, Bargny, Soumbédioune, Ngaparou, Pointe Saréne, Goudomp, Ndangane Sambou et des sites de transformation à Gohou Mbax, Fass Boye, Pencum Sénégal, Mbao, Rufisque, Kafountine, etc.

Ce programme sera suivi par celui de la subvention de 20 000 moteurs pour la pêche artisanale à hauteur de 1 000 000 FCFA, sur un parc de près de 23 000 moteurs.

A travers ces programmes, l’objectif du Président de la République est de redynamiser le secteur de la pêche et renforcer sa compétitivité.

Au-delà de ces importantes mesures, il faut saluer la révision du cadre réglementaire (Code la pêche), pour une bonne gouvernance du secteur. Le Sénégal a adopté en 2015, un nouveau Code de la pêche, en instituant des sanctions qui peuvent aller jusqu’à 1 milliard de FCFA, voire la confiscation du navire, en cas de récidive.  

LE PARTI SOCIALISTE ET LA PECHE 

Sur la question des licences de pêche, vous avez accusé le Parti socialiste, en traitant ses responsables de coutumiers des faits. Heureusement que votre codébatteur Mamadou Diop Thioune de la pêche artisanale a eu l’honnêteté intellectuelle de rétablir les faits, en retraçant les nombreux efforts fournis par M. Alassane Daly Ndiaye à travers la construction des quais de pêche, du marché central au poisson de Pikine et de l’élaboration du Code de la Pêche du Sénégal.

Etant Ministre socialiste d’alors, il a entrepris, dans une démarche responsable et inclusive, des réformes importantes du secteur à travers un nouveau Code de la Pêche en 1998, qui sera révisé en 2015.

Ce cadre réglementaire implique davantage les acteurs dans la réhabilitation des écosystèmes marins et côtiers (récifs artificiels) ainsi que dans la gestion des ressources halieutiques pour le bien-être des populations (cogestion et les plans d’aménagement des pêcheries), la réglementation sur la régulation de l’accès à la mer, la mise en place de plans d’aménagement et d’Aires Marines Protégées (AMP).

Cet excellent travail a été aussi le credo de tous les autres socialistes que la confiance des différents Présidents du Sénégal a placés à la tête de cet important département ministériel.

A ces efforts s’ajoutent aussi, l’interdiction de certains engins de pêche, l’instauration chaque année du repos biologique, la reformulation et la validation de la Lettre de Politique Sectorielle de Développement de la Pêche et de l’Aquaculture (LPSDPA) et la lutte participative contre la Pêche INN.

N’oubliez pas surtout que le gel des licences de pêche des démersales côtières, décidé en 2006 a été initiée par le regretté Djibo Leyti Kâ, un pur produit du Parti Socialiste.

Monsieur « l’économiste », saviez-vous que « la forme d’ignorance la plus néfaste, est de rejeter quelque chose que vous ne connaissez pas » ? Alors, pour vous éviter ce supplice, apprenez à convaincre les Sénégalais par des arguments. Ne confondez pas dénonciation et délation. Si la dénonciation est un devoir républicain prévu dans la loi en vue de lutter contre la non transparence, la délation elle, est condamnable, car se faisant au détriment des gens honnêtes.

Les hommes politiques sont des Sénégalais comme vous, qui travaillent avec foi, courage et abnégation pour le développement de leur pays.

Par Monsieur Talibouya AIDARA, Communicant/Journaliste, Cadre Républicain

Email : aidara.or.t@gmail.com

 

 

 

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