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Conseil Norvégien pour les Réfugiés place le Cameroun en tête du classement des crises les plus négligées

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refugiés camerounais
refugiés camerounais

Ferloo.com- La crise dans les régions anglophones du Cameroun est la crise humanitaire et de déplacement la plus négligée au monde, d’après le classement annuel du Conseil Norvégien pour les Réfugiés publié ce mercredi.

« Tandis que la crise dans les régions anglophones du Cameroun se poursuit, la communauté internationale demeure passive. Alors que des civils sont massacrés, que des villages sont brûlés et que des milliers de personnes sont déplacées, nous ne constatons qu’un silence assourdissant, » déclare Jan Egeland, Secrétaire Général du Conseil Norvégien pour les Réfugiés.

Le conflit dans les régions du Sud et Nord-Ouest du Cameroun a forcé plus d’un demi-million de personnes à fuir. Des centaines de villages ont été brûlés. Les hôpitaux ont été attaqués. Les personnels de santé craignent d’être enlevés ou tués. Plus de 780,000 enfants ont vu leurs écoles fermer et des milliers de personnes, actuellement cachées dans la brousse, n’ont toujours pas reçu d’assistance humanitaire. De surcroit, aucun effort de méditation significatif n’a été entrepris, aucun programme d’assistance majeure n’a été mis en place, la couverture médiatique de la crise a été minime et quasiment aucune pression n’est exercée sur les parties du conflit pour stopper les attaques.

« Nous devons en finir avec cette paralysie de la communauté internationale. Chaque jour que dure ce conflit, la rancœur se renforce et la région se rapproche dangereusement d’une guerre sans-merci, » avertit Egeland qui revient d’une visite récente dans les régions anglophones du Cameroun.

Le classement annuel des crises de déplacementsles plus négligées est basé sur trois critères: le manque de financement pour répondre aux besoins humanitaires, le manque de couverture médiatique et la négligence politique. Le Cameroun a obtenu une note élevée pour les trois critères, suivi par la République Démocratique du Congo et la Centrafrique; deux autres pays qui souffrent d’un manque d’intérêt de l’opinion publique et de financement pour répondre aux besoins humanitaires.

« L’assistance humanitaire devrait être fournie sur la base des besoins seuls. Cependant, chaque jour, nous constatons que des millions de personnes déplacées sont délaissées car elles sont victimes d’une crise qui désintéresse et sans ressources, » poursuit Egeland.

La majorité des pays figurant dans le classement 2018 des crises de déplacements les plus négligées se trouve en Afrique. Le Conseil Norvégien pour les Réfugiés appelle à porter davantage attention à ces crises afin de prévenir les souffrances de millions de personnes vulnérables.

« Cette liste, plutôt décourageante, est un signal d’alarme pour chacun d’entre nous. Ce n’est qu’en attirant l’attention sur ces crises et en les plaçant en tête des priorités de l’agenda international, que nous atteindrons les changements nécessaires, » conclut Egeland.

Les 10 crises de déplacements les plus négligées en 2018 sont :

1 Le Cameroun

2 Le République Démocratique du Congo

3 La Centrafrique

4 Le Burundi

5 L’Ukraine

6 Le Venezuela

7 Le Mali

8 La Libye

9 L’Ethiopie

10 La Palestine

Seules les crises qui ont causé plus de 200,000 personnes déplacées ont été analysées, soit un total de 36 crises.

A propos de la crise dans les régions Anglophones du Cameroun :

Plus d’un demi-million de personnes ont été déplacées par le conflit dans les régions anglophones du Cameroun.

1.3 million de personnes ont besoin d’une aide humanitaire

La crise trouve sa source dans l’histoire coloniale agitée du pays. A la sortie de la Première Guerre Mondiale, le Cameroun, ancienne colonie allemande, a été divisé en deux et placé sous mandat français et britannique.

Le pays a deux langues officielles : le Français et l’Anglais. Cependant les Camerounais des régions anglophones se sentent de plus en plus marginalises.

En 2016, les Camerounais des régions anglophones ont lancé un mouvement de protestations qui s’est soldé par une répression sévère par les forces de sécurité, entrainant une vague de violence et la formation de groupes d’opposition armés.

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