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A la jeunesse sénégalaise : celle qui veut épouser la mer pour croire avoir enfin des enfants (Par Amadou Lamine Sall*)

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Pourtant notre pays n’est pas en guerre, mais ils partent comme s’ils étaient pourchassés.

Aujourd’hui, notre actualité est engorgée, embouteillée, meurtrie par cette jeunesse -pas TOUTE la jeunesse- qui se rue vers l’Europe glaciale, hystérique et inhospitalière. Elle s’y rue par des voies meurtrières avec tant de vies perdues, englouties, « sacrifiées » pour une cause plus indéfendable que défendable.

Je n’ai pas sans doute la bonne réponse. Que ceux qui ont la réponse fassent plus preuve d’humilité et de responsabilité.

Il est possible que l’État puisse être désigné comme le 1er coupable. L’État n’a pas d’alibi comme les autres. L’État est seul. L’État subit. L’État est toujours coupable. C’est aussi sa mission. Sa grandeur est de le reconnaître tout en bâtissant.

Parce que l’État est le gardien de nos biens, il doit se résoudre à bien les utiliser et donner du travail à tous. Ce qui n’est humainement et structurellement pas possible. Mais tant pis pour lui ! C’est comme ça ! Il doit assumer, même si c’est injuste. Même si c’est impossible.

Ce que même Dieu n’arrive pas à résoudre, l’État doit le résoudre. C’est comme ça ! Et on oublie toujours de dire que l’État, ce n’est pas uniquement et essentiellement l’autre. L’État, c’est chacune, chacun de nous. Mais on s’oublie. C’est plus commode. Le fer rougeoyant est toujours laissé entre les mains de l’État. Et il le tient, même s’il brûle ! C’est aussi sa mission.

La posture qui consiste à prier Allah de gagner au loto… en oubliant d’aller acheter son ticket, est bien singulière dans notre pays.

On peut donc gagner sans jouer ?

D’aucun auront toujours le culot et la bave pour vous dire “oui, bien sûr que l’on peut gagner au loto sans jouer ! Vous avez vu tous ces politiciens qui ne foutent rien et qui sont devenus milliardaires au petit matin ? »

Au Sénégal, dans notre si beau pays, les voies du Seigneur sont sondables ! Le citoyen est roi ! Il dit tout. Dénonce tout. Se braque contre tout. Exige tout. Il a des droits et jamais des devoirs.

Nous mesurons tous combien l’indiscipline et la violence menacent notre développement plus que toute autre forme de pauvreté ! Ne pas l’avouer, c’est choisir de jouer au muet. C’est plus reposant !

Revenons à cette jeunesse qui prend la mer pour vouloir et devoir combler une “mère” ! Combler une mère n’a pas de prix. Je le confesse. Mais combler une maman ne veut pas dire la priver de sa chair et de son sang, c’est à dire de son enfant.

Si elle pouvait savoir un seul instant qu’elle allait perdre son trésor -un fils est un trésor-, Elle hurlerait à réveiller les morts pour empêcher son enfant de partir pour ne plus revenir.

Quand le sucre te dit je pars rendre visite à l’eau, n’espère pas qu’il revienne. Vous êtes le sucre de votre maman. N’allez pas vous jeter dans la mer, en lui disant que vous reviendrez pour la rendre heureuse !

Elle prie, elle vend ce qu’elle possède de plus précieux, pour qu’enfin votre rêve de partir se réalise. Mais, elle ne sait pas que vous ne reviendrez plus et que votre rêve sera  brisé par les flots. Si elle savait, vous n’auriez jamais quitté ses bras.

Une tombe au fond de l’océan, n’est pas une réponse pour dire à maman “je t’aime et je veux te rendre heureuse ! ». Le bonheur d’une mère n’est jamais loin ! Pourquoi alors aller chercher si loin ?

Peut-être qu’en disant tout cela, suis-je imprudent ou loin, très loin de connaître la psychologie humaine, pour comprendre les risques volontairement courus au risque de se tuer afin de servir ses géniteurs  et les combler.

Ce drame national que nous vivons est complexe. La seule réponse que l’on nous demande est de le résoudre, plutôt que de tenter de l’expliquer. On nous demande d’agir et non de piailler !

La réponse et les solutions, en vérité, n’incombent pas exclusivement à l’État et l’explication à la multitude.

Nous devons tous nous rassembler autour de la réponse. Je crois très profondément que celle-ci n’est pas que dans la capacité financière de la puissance publique à trouver un emploi à tous et tout de suite.

 

Certes, le travail est notre 1ère dignité. L’État doit y aider. Mais pas seul. Chacune et chacun de nous doit  y mettre du sien.

 

Je conclus :

j’aurais dû commencer par ce qui m’a conduit à écrire cette humble et si frêle réflexion, quand il s’agit d’aborder un sujet aussi polémique, polémiste, sensible, douloureux.

 

J’ai regardé une vidéo qui m’a été envoyée. Le brillant et si posé commentateur parle des lions du football à la coupe du monde de 2002 et de leur légendaire victoire sur la France de Napoléon !

 

Il analyse cette victoire. Il évoque et décrit cette force de L’ESPRIT qui a conduit l’équipe de Metsu à vaincre une équipe de France au zénith de sa gloire.

 

À la jeunesse sénégalaise, en ces moments de deuil et d’errance, nous demandons d’écouter ce message qui explique cette conduite et cette transcendance des lions du football pour vaincre ce qui apparaissait comme une montagne infranchissable !

 

Ce message peut aider. Ce message peut nous protéger. Ce message peut guérir.

 

L’ESPRIT est en effet notre meilleur refuge, quand tout semble s’écrouler.

 

Ce message est le suivant : «… combien de fois on t’a fait douter sur tes capacités. Combien de fois as-tu reculé ?… ´Pour jouer dans la cour des grands, il faut arrêter de jouer les petits’… L’esprit, c’est de se voir grand… Ce qui compte, c’est de se voir comme un lion et non comme un chat… Quand je te vois, je vois un lion. Je vois un lion dans une cage qui ne demande qu’à sortir pour révéler son potentiel… Mais il n’y a que toi pour libérer le lion qui est en toi. Il n’y a que toi. »

 

N’est-il pas beau ce message ? Croire en soi, c’est rester et faire face aux épreuves.

 

J’en vois qui arrivent la hache à la main et la bave à la bouche et qui hurlent : « Non, ce qui est beau c’est de leur trouver du travail ! Tout le reste est… -je cherche le mot juste- pas littérature, comme on a coutume de dire. La littérature est trop noble pour être ainsi minorée, voire insultée. Disons plutôt… « Tout le reste est de la politique » !

 

Que « la politique » me pardonne si je la désigne. Mais elle est plus habituée à l’offense et aux insultes. Elle est plus carapacée, plus flegmatique, même si elle sait être digne et hautement noble.

 

Oui, la jeunesse a besoin certes de travail. Mais elle a aussi besoin d’un esprit puissant et conquérant qui puise sa force dans le don de soi, la foi en soi, la foi en son pays, sa terre natale, en ses propres capacités, sa propre dignité.

 

Une jeunesse doit d’abord être armée. Pour aller au combat de la vie, il faut être armé. Et rien n’arme mieux que l’esprit !

Nos saints face à la barbarie coloniale, en ont donné la preuve !

 

Qui disait que « Le pouvoir est partout »?  L’État seul ne détient pas seul le pouvoir. Chaque jeune sénégalais est  un pouvoir. Utilisez-le pour servir votre pays et vous servir. Utilisez-le pour vaincre le mauvais infini.

 

C’est comme le peuple. Il est insoluble ! L’État n’a aucune arme contre lui, sinon de servir, riche ou pauvre, le peuple !

 

Le vrai pouvoir c’est vous  chère jeunesse  et l’amour pour votre pays. Ne l’abandonnez pas ! Refusez de fuir.

 

Prenons ensemble en charge notre destin en nous aidant les uns les autres. Ne laissons pas notre destin au seul État. C’est trop lourd à porter tout seul ! C’est « épaule contre épaule » que nous avançons mieux et vite.

 

Si on laisse l’État être le seul et unique maître nageur, il sauvera 5 à 10 noyés et au bout des 100, il se noiera lui-même avec eux et sombrera, même si on dit que l’État ne sombre jamais.

 

Elle est trop belle la jeunesse sénégalaise, trop digne, trop rebelle, trop entreprenante, ingénieuse, orgueilleuse, pour résister aux flots du lac de Guier jusqu’à bâtir à mains nues des canaux d’irrigation pour des champs et des champs de riz et de fruits jusqu’au pied au henné de nos mères si douces, si lumineuses.

 

Les pirogues cesseront leurs ballets meurtriers. Du pays natal, la jeunesse a juré d’assécher l’océan pour y bâtir champs, usines, maisons, foyer et enfant.

 

Bâtissez pour vous et pour les générations futures !

 

L’argile est la mère du bronze, dit-on.

Commençons !

 

Que Dieu garde le Sénégal !

 

* Lauréat des Grands Prix de l’Académie française

 

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