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20 mars 2010 |

Wade sur l’affaire de l’Artp : « Si c’est une faute de gestion, le Tribunal n’y a pas droit »
Invité de nos confrères L’Observateur et la radio Rfm, le président est revenu sur l’affaire de l’Agence de régulation des télécommunications et de la poste (Artp). Tel un avocat et en homme nuancé, il a semblé prendre la défense des responsables de cette structure « accusés de détournements de deniers publics et d’abus de biens sociaux ». Selon lui : « Si c’est une faute de gestion, le Tribunal n’y a pas droit ».

« Des audits ont été faits par l’Agence de régulation des marchés publics (Armp) et la Commission nationale de lutte contre la transparence ont déposé leur rapport. Seulement, d’aucuns doutent de la suite qui sera réservée à ces rapports. Au nom de la transparence, quelle est la démarche que vous comptez adopter ? ». C’est là une question que les journalistes du groupe Futurs médias (qui avaient comme invité le président de la République) ont posé à Me Wade pour recueillir son point de vue sur cette situation qui a noirci d’encre beaucoup de pages de journaux et a fait saliver plus d’un sur les ondes des radios de la place.

Sa réponse fuse nette : « Je ne voudrais pas que l’on évoque les questions dans les généralités. Je suis pour qu’on pose les problèmes au cas par cas afin que j’apporte la réponse qui sied. Il faut que les choses soient claires. Pour le cas de l’Artp que vous évoquez, comment peut-on mettre plus de 120 personnes dans une structure qui doit fonctionner avec 20 agents ? Est-ce normal ? Je les poursuis pour les pratiques qui y ont toujours fait école. Ils se partagent chaque année 1,6 milliard de francs Cfa. C’est ce qu’ils ont toujours fait. La nouveauté, c’est la mesure que j’ai prise de mettre fin à cela. Le texte sur lequel ils se sont basés, permet un prélèvement de 2% sur toutes les rentrées d’argent, mais cela ne veut pas dire qu’ils ont le droit de se les partager. C’est dire qu’on ne peut pas imaginer les sommes qui ont été utilisées de cette manière. C’est moi qui ai changé cette disposition règlementaire. Malgré cela, ils ont continué la pratique du partage et j’ai livré tout le monde à la justice, qu’ils soient des magistrats ou autre chose".

Et il poursuit : "On a commencé par l’ancien Dg, car après que je l’ai limogé, il est parti avec la somme de 100 millions de francs. Je l’ai poursuivi pour ce détournement précis. Pour les magistrats, il a été retenu qu’ils versent une caution de 50 millions pour bénéficier d’une liberté provisoire. Pourquoi ils n’ont pas été emprisonnés ? Vous savez que le Droit n’est pas facile à comprendre. Si la loi permet d’entrer en possession des 2% et que ces gens le prennent, il faut voir comment qualifier ce délit. C’est du vol ou autre. Ils en ont droit, mais ils l’ont perçu en avance. Il faut que les juristes se penchent sur la question. Si c’est une faute de gestion, le Tribunal n’y a pas droit ».

Ferloo